L’administration du maire de Lévis, Steven Blaney, a demandé à la Société de transport de Lévis (STLévis) de mandater des experts pour évaluer un projet de téléphérique entre Québec et Lévis, qui servirait de quatrième lien interrives. Deux contrats de gré à gré totalisant 25 000 $ ont été attribués à cet effet, selon des informations rapportées par Le Soleil.
Un quatrième lien aérien évalué à Lévis
Il a d’ailleurs abordé le sujet avec plusieurs intervenants lors d’une annonce à la Davie. L’idée d’un téléphérique interrives, évoquée pour la première fois en 2009, a été dépoussiérée au cours des derniers mois par l’administration municipale.
Caractéristiques et avis d’experts
Selon les prévisions de l’expert en planification des transports Pierre Barrieau, un tel tramway aérien pourrait présenter les caractéristiques suivantes :
- Capacité de 4 000 déplacements par heure
- Vitesse d’environ 50 kilomètres par heure
- Durée approximative de construction de 18 à 24 mois
- Coût de construction évalué entre 150 et 300 M$
- Coûts d’opération de 6 à 10 M$ par année
- Durée de vie de 25 à 30 ans
- Altitude d’au moins 116 mètres, soit la hauteur du tablier du pont Pierre-Laporte
Blaney et de son équipe. M. Pépin soutient qu’un téléphérique pourrait relier Lévis et Québec et connecter le futur tramway avec la Rive-Sud. Il note toutefois que le plus grand enjeu serait son intégration dans un contexte patrimonial, ce qui impliquerait de construire de grands pylônes dans le Vieux-Québec et le Vieux-Lévis.
De son côté, M. Barrieau estime qu’un tel lien complémentaire pourrait améliorer la mobilité et offrir une cadence d’une cabine toutes les 30 secondes pour réduire le temps d’attente aux heures de pointe.
Réactions mitigées et priorités politiques
La proposition s’attire toutefois de vives critiques sur la scène municipale et provinciale. Isabelle Lefebvre, cheffe intérimaire du parti d’opposition Repensons Lévis, a qualifié l’administration d’irresponsable et a dénoncé un manque de transparence, estimant que le timing est très discutable en raison des nombreux enjeux prioritaires de la ville.
Mme Lefebvre rappelle que la Ville de Lévis fait face à une crise majeure concernant ses infrastructures de traitement des eaux usées, notamment aux stations de Desjardins et de Saint-Nicolas. Cette situation a entraîné des rejets massifs d’eaux usées dans la rivière Chaudière et un moratoire sur les nouvelles constructions sur les deux tiers du territoire depuis 2024, lequel doit s’étirer jusqu’à la fin de 2028. La Ville fait également face à des poursuites totalisant 31 M$ de promoteurs, et le maire prévoit réclamer 61,5 M$ au gouvernement du Québec.

Le chef par intérim de Lévis Force 10, Benoît Forget-Chiasson, se dit quant à lui « ouvert » mais s’interroge sur les coûts, affirmant qu’il n’y a aucune chance que la Ville ait l’argent pour installer une telle infrastructure.
Sur la scène provinciale, en pleine campagne électorale, le chef libéral Charles Milliard a rapidement rejeté l’idée en tranchant que Ce n’est pas du tout une priorité
. Le chef du Parti conservateur, Éric Duhaime, a également abondé dans le même sens. Du côté de Québec, l’entourage du maire Bruno Marchand a indiqué que toutes les énergies sont actuellement consacrées à la réalisation du tramway et à prendre soin des gens affectés par les travaux.