La banque centrale des Pays-Bas a transféré 86 tonnes de réserves d’or d’Amérique du Nord vers Londres entre mars et août, invoquant l’augmentation des tensions géopolitiques mondiales et la nécessité d’améliorer la rapidité de déploiement des actifs en cas de crise.
Face à une instabilité internationale grandissante, De Nederlandsche Bank (DNB) a réduit significativement ses avoirs en or stockés aux États-Unis et au Canada.
Une restructuration géographique des réserves néerlandaises
L’ensemble du stock d’or des Pays-Bas s’élève à 612,4 tonnes, une quantité évaluée à 72,2 milliards d’euros (environ 83,7 milliards de dollars) à la fin de l’année 2025, d’après les données financières communiquées par l’institution. Cette manœuvre logistique complexe a combiné des ventes directes sur les marchés nord-américains et des achats en Grande-Bretagne, complétées par des transferts physiques sécurisés.
La logistique des transferts et la sécurité des transports
Pour limiter les risques inhérents au déplacement de volumes colossaux de métaux précieux d’un continent à l’autre, la DNB a adopté une stratégie mixte. Une quantité similaire a ensuite quitté Zeist pour rejoindre Londres.
De Nederlandsche Bank a indiqué, par l’intermédiaire de The Guardian, qu’en combinant l’achat, la vente et le transport physique, les risques associés au déplacement physique d’une grande quantité d’or avaient été répartis.
Le reste de la réallocation a été opéré en vendant près de 59 tonnes de métal à New York pour réinvestir immédiatement le produit des ventes dans l’acquisition de lingots sur la place de Londres. Cette méthode hybride a permis d’éviter la fonte superflue des barres tout en diluant les risques logistiques.
La flexibilité et la liquidité du marché londonien face aux crises
La décision de privilégier la place financière britannique repose sur des critères stricts de rapidité d’intervention.

Olaf Sleijpen, président de la DNB, a déclaré que grâce à cette étape, ils avaient amélioré la capacité de déploiement des réserves d’or.
Les experts interrogés sur la portée de cette stratégie soulignent l’importance de disposer d’actifs immédiatement mobilisables. Laurent Schwartz, président du Comptoir National de l’Or à Paris, rappelle que les banques centrales ajustent la géographie de leurs avoirs depuis une décennie. Selon lui, le contexte politique aux États-Unis incite certains émetteurs à diversifier leurs options de stockage, la place londonienne offrant en outre des facilités accrues pour prêter du métal aux institutions bancaires partenaires.
De son côté, John Plassard, analyste auprès de Cite Gestion Private Bank, qualifie cette manœuvre d’opération ponctuelle mais avertit qu’une généralisation de ce type de mouvement par d’autres pays pourrait altérer la confiance envers les infrastructures américaines. À titre de comparaison, la Bundesbank allemande a quant à elle confirmé en début d’année maintenir sa confiance envers la Réserve fédérale de New York, jugeant le site toujours indispensable malgré les interrogations soulevées dans le débat public.