Le prix du diesel aux États-Unis a atteint un niveau record de 5,85 dollars le gallon, battant le précédent sommet de 2022. Cette flambée découle des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des perturbations des capacités mondiales de raffinage, pesant lourdement sur le pouvoir d’achat à l’approche des élections de mi-mandat.
Le coût de la vie s’impose comme le sujet central de la campagne pour les élections de mi-mandat aux États-Unis, alors que le diesel, carburant utilisé dans les transports et l’agriculture, a atteint un niveau inédit. Les données publiées par l’association automobile américaine indiquent que le gallon s’établit désormais à 5,85 dollars, soit environ 5 euros pour 3,8 litres. Ce tarif dépasse le précédent record établi en 2022, qui marquait alors le contrecoup de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’impact des tensions au Moyen-Orient et du blocus du détroit d’Ormuz
La flambée des cours de l’énergie trouve en grande partie son origine dans le déclenchement par les États-Unis d’une guerre contre l’Iran. En guise de riposte, Téhéran a procédé au blocus du détroit d’Ormuz, un axe maritime stratégique et fondamental pour le transport mondial des hydrocarbures. Bien que les cours du pétrole brut se soient repliés par rapport aux sommets atteints au début du mois d’avril au cœur du conflit, ils se maintiennent autour de 90 dollars le baril, selon les données publiées par l’association automobile américaine.
Au-delà du prix du brut, ce sont les infrastructures de transformation qui font défaut. Les raffineries situées dans la région du Golfe ont subi plusieurs attaques au cours des derniers mois, tandis que le trafic des navires transportant du pétrole et ses dérivés à travers le détroit a sensiblement chuté par rapport à la période précédant le conflit. Cette contraction de l’offre est aggravée par les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, qui réduisent un peu plus la disponibilité des produits raffinés à l’échelle internationale.
Une hausse des carburants ressentie aux pompes et à l’international
Aux États-Unis, la pression sur les prix ne se limite pas au gazole. Dans les stations-service du pays, l’essence ordinaire a également entamé une remontée pour s’établir à une moyenne de 4,15 dollars le gallon. Ce montant reste toutefois inférieur au record de 5,05 dollars touché pour cette même catégorie en 2022.

Au Royaume-Uni, le litre de carburant sans plomb a atteint 163 pence, soit environ 1,90 euro, tandis que le diesel s’affiche à 185 pence, soit 2,15 euros. Le Club automobile britannique RAC anticipe une poursuite de cette hausse. En France, le supercarburant SP95-E10 a grimpé à 2,090 euros le litre, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, d’après les calculs de l’AFP basés sur des données gouvernementales.
La déconnexion entre le prix du brut et les produits raffinés
La persistance de tarifs élevés à la pompe malgré la baisse relative du pétrole brut s’explique par des tensions structurelles de l’industrie. Déjà fin juillet, les dirigeants du secteur soulignaient que le marché faisait face à des contraintes de capacité au sein des raffineries. Les prix à la pompe sont établies par la demande et la livraison des produits raffinés, pas du brut
, expliquait alors le patron d’ExxonMobil, Darren Woods, lors d’une intervention sur CNBC rapportée par les médias.
Des répercussions politiques directes pour l’exécutif américain
Cette situation économique fragilise l’exécutif à l’approche des élections de mi-mandat. La guerre au Moyen-Orient demeure impopulaire auprès de l’opinion publique américaine, alors même que le président Donald Trump avait érigé l’amélioration du pouvoir d’achat en priorité absolue lors de la campagne victorieuse de 2024.