À la veille de la rentrée scolaire fixée au 8 septembre 2026, de nombreux élèves et enseignants restent bloqués dans la région rurale de Kariba. Cette situation critique découle du naufrage du ferry gouvernemental Mbuya Nehanda, survenu le mois dernier, qui paralyse les liaisons économiques et scolaires sur le lac Kariba.
La rentrée scolaire compromise pour les élèves et enseignants de Nyaminyami
Alors que les établissements doivent rouvrir leurs portes en ce 8 septembre 2026, des dizaines d’écoliers et de professeurs de Nyaminyami se retrouvent dans l’impasse. Le naufrage tragique du ferry Mbuya Nehanda, qui a coûté la vie à 97 personnes le mois dernier selon le ministère du Gouvernement local, a directement coupé la liaison la plus économique entre Kariba urbain et les communautés rurales isolées telles que Mola et Chalala.
En l’absence de navire de liaison sur l’eau, les familles doivent faire face à un détour routier supérieur à 30 dollars par la route Karoi-Siakobvu-Mola. La majorité des élèves et des enseignants concernés, qui s’étaient rendus à Mola pour les vacances, ne peuvent tout simplement pas s’offrir cette alternative terrestre coûteuse.
C’est ce qui se arrive lorsque les zones rurales sont oubliées. Nous vivons à côté du plus grand lac du monde en volume, et pourtant nous ne pouvons même pas amener nos enfants à l’école en sécurité. Un parent d’élève, cité par Newzimbabwe
Face à cette urgence, Mutsa Murombedzi, députée de représentation proportionnelle de la province du Mashonaland West pour la Coalition des citoyens pour le changement (CCC), a exhorté le gouvernement à affréter d’urgence un service de bus pour rapatrier les élèves et les enseignants, tout en réclamant la réhabilitation de la route Karoi-Binga afin de sécuriser le passage des transporteurs.
L’intervention de l’exécutif et la mission diplomatique à Dubaï
Le gouvernement avait récemment rejeté une proposition émanant d’un opérateur privé de Kariba visant à assurer le transport, estimant que les embarcations présentées ne respectaient pas les normes de sécurité requises. Pour répondre à la crise, le porte-parole de la présidence, George Charamba, a annoncé ce week-end que le président Emmerson Mnangagwa avait ordonné à l’État d’acquérir de nouveaux bateaux et ferries pour les voies navigables intérieures.
Sur instruction de Son Excellence le Président du Zimbabwe, le Dr E.D. Mnangagwa, le gouvernement est sur le marché pour acquérir des bateaux et des ferries afin de desservir nos voies navigables intérieures, principalement Kariba qui a récemment connu une tragédie maritime. George Charamba, porte-parole présidentiel
Une enquête en deux étapes, pilotée par le secrétaire en chef de la présidence et du Cabinet, Martin Rushwaya, a été ouverte afin de déployer des solutions de secours immédiates et de bâtir une stratégie durable axée sur la sécurité ainsi que sur les services de transport de passagers et de fret.
Des pourparlers internationaux menés par Paul Tungwarara
Dans le même temps, les efforts diplomatiques et économiques s’accélèrent à l’international. Quelques heures après les annonces officielles, le conseiller présidentiel Paul Tungwarara a indiqué sur les réseaux sociaux qu’il s’était entretenu à Dubaï avec Vikas Goel, milliardaire et constructeur de navires et de yachts.
Selon les précisions rapportées, les premiers contacts avec cet industriel avaient été noués dès 2017 pour attirer l’expertise et les investissements étrangers dans le secteur maritime zimbabwéen. Cet échange à l’étranger illustre la volonté de l’exécutif de trouver des navires conformes dans l’immédiat tout en développant des capacités pérennes pour l’exploitation des lacs et barrages du pays.