Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué que la Russie s’est montrée disposée à entamer des négociations et a évoqué une possible désescalade cet hiver.
Les émissaires américains à Moscou et Kiev et l’ouverture de pourparlers
La diplomatie américaine a intensifié ses contacts au cours du week-end. À l’issue de cette tournée, Steve Witkoff a estimé lundi que sa tournée avait permis des «progrès substantiels» en vue de l’organisation de pourparlers tripartites pour mettre fin au conflit déclenché par l’invasion russe en février 2022. Donald Trump s’était fait élire en 2024 notamment sur la promesse de mettre rapidement fin à la guerre en Ukraine, sans succès jusqu’à présent.
Dans une interview accordée au média américain Axios le 7 septembre 2026, Volodymyr Zelensky a affirmé que la Russie a signalé aux émissaires de Donald Trump être disposée à négocier. Le dirigeant ukrainien explique cette ouverture par la conjoncture politique américaine. Vladimir Poutine «a besoin de Trump» et ne veut pas le «contrarier», a fortiori avant les élections américaines de mi-mandat début novembre, estime le président ukrainien dans cette interview. Le Kremlin s’est en conséquence montré «prêt à discuter», a-t-il ajouté, se référant à ce que lui ont assuré les émissaires américains.
Les pistes de désescalade et la guerre des infrastructures
Parmi les pistes avancées par Washington pour amorcer un processus de paix figure une possible «désescalade» avant ou durant l’hiver, d’après les informations rapportées par Axios. «Il y a des idées autour de l’énergie, des céréales, de l’électricité et autour du pétrole et du gaz», a indiqué Volodymyr Zelensky à ce média.
Ces domaines constituent précisément au cœur de la guerre d’usure que se livrent quotidiennement les deux camps. La Russie intensifie chaque hiver ses frappes contre le secteur énergétique ukrainien, plongeant une partie de la population dans le froid et l’obscurité. Elle vise également le trafic en mer Noire, par où transitent l’essentiel des exportations ukrainiennes de céréales. De son côté, Kiev multiplie depuis le début de l’année les frappes contre des raffineries et des terminaux gaziers et pétroliers russes, provoquant des pénuries de carburant et compliquant les exportations russes d’hydrocarbures.
Reprise immédiate des frappes malgré les pourparlers
Cette ouverture diplomatique contraste avec la réalité immédiate du terrain. La trêve de trois jours entre les deux pays, à l’occasion de la visite inédite d’émissaires américains, s’est cependant déjà achevée. La Russie a repris ses attaques aériennes sur Kiev dans la nuit de lundi à mardi.

Un bilan provisoire établi par l’administration militaire locale fait état d’au moins deux personnes qui sont mortes et sept autres qui ont été blessées. Des bâtiments ont par ailleurs été touchés dans plusieurs districts de la ville et de sa banlieue, selon les autorités. L’alerte aérienne aux missiles, déclenchée dans la nuit avec ordre à la population de gagner les abris, a été levée au petit matin, mardi.