Le Canada et la Chine ont relancé leur Dialogue de coordination pour la défense le 4 septembre dernier, renouant ainsi avec un canal militaire formel resté en sommeil pendant plus de huit ans, selon les informations confirmées par le ministère de la Défense nationale de la République populaire de Chine.
La reprise des échanges militaires bilatéraux s’est concrétisée lors de la cinquième édition de ce dialogue, qui s’est déroulée au Canada. D’après un communiqué publié par le ministère chinois, les deux délégations ont eu un échange de vues franc et approfondi sur les questions internationales et régionales d’intérêt commun et ont exprimé leur volonté de renforcer les échanges pratiques et la coopération entre les deux armées, tout en consolidant la confiance mutuelle.
Le déroulement des discussions et la participation de généraux de l’Armée populaire de libération
Ce commandement est identifié par les médias d’État chinois comme l’entité dirigeant les exercices conjoints d’envergure autour de Taïwan, incluant l’exercice Justice Mission 2025
.
Du côté canadien, la tenue de cette rencontre n’a pas fait l’objet d’une annonce préalable de la part du gouvernement fédéral. C’est l’agence de presse officielle chinoise qui a officialisé la tenue de cette réunion par le biais d’un avis de deux paragraphes mis en ligne sur le site du ministère de la Défense nationale. South China Morning Post rappelle que ce canal était gelé depuis le mois d’avril 2018, marquant une interruption de huit années dans ces discussions de niveau fonctionnel.
L’historique d’un gel diplomatique et militaire profond
À la demande de la première administration américaine, les autorités canadiennes avaient procédé à l’arrestation de Meng Wanzhou, vice-présidente et directrice financière de Huawei Technologies, en raison de soupçons de violation des sanctions visant l’Iran. En réaction, Pékin avait interpellé Michael Kovrig et Michael Spavor, plongeant les relations diplomatiques dans une crise profonde.

L’état-major canadien avait initialement prévu d’inviter des observateurs de l’APL pour l’hiver 2019, mais l’invitation avait été annulée par le chef d’état-major de la Défense de l’époque, le général Jonathan Vance, sur fond de tensions accrues.
Le réchauffement diplomatique et les tensions commerciales avec les États-Unis
Le Premier ministre Mark Carney s’est rendu à Pékin au mois de janvier pour s’entretenir avec le président chinois Xi Jinping, devenant le premier dirigeant canadien à effectuer ce déplacement depuis 2017. À la suite de cette visite, les deux gouvernements se sont entendus sur l’importation annuelle de véhicules électriques chinois au Canada, soumis à un quota de 49 000 unités et à un tarif, tandis que la Chine a abaissé ses droits de douane sur le canola canadien.

Une vigilance persistante de la défense canadienne face aux activités de Pékin
Le gouvernement continue de suivre de près l’expansion de la Chine dans l’Arctique, ses manœuvres militaires autour de Taïwan et la militarisation de la mer de Chine méridionale.
En mai dernier, la frégate de la Marine royale canadienne HMCS Charlottetown a d’ailleurs traversé le détroit de Taïwan, illustrant le maintien des opérations navales canadiennes dans la région indopacifique aux côtés de ses partenaires occidentaux, tout en poursuivant l’intégration de sa défense continentale avec les États-Unis via le NORAD.
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