Une affaire conjugale opposant un célèbre chef religieux à son épouse a été portée devant le Tribunal d’instance de Mbour, au Sénégal. L’audience, qui s’est tenue le 10 septembre, fait suite à une plainte pour violences, maltraitance et séquestration présumée d’un enfant de cinq ans, sur fond de désaccords profonds et de demandes de divorce rejetées.
Une dispute survenue au mois de mars, le jour de la fête de Korité, se trouve au cœur de la procédure judiciaire examinée à Mbour, ville située à environ 80 kilomètres au sud de Dakar. Thiam, souhaitait se rendre dans une boutique voisine afin d’acheter de quoi nourrir leur enfant de cinq ans en pleurs. T. Aïdara, se serait emparé de la clé de l’appartement pour l’empêcher de quitter les lieux.
Une altercation violente au domicile conjugal
La situation a rapidement dégénéré en confrontation physique entre les conjoints, qui vivent séparés depuis environ deux ans. Thiam affirme avoir reçu un coup de tête au visage qui l’a laissée ensanglantée. Elle indique s’être ensuite agrippée aux vêtements de son époux pour le projeter derrière le lit conjugal. Des voisins, alertés par les bruits et les cris, sont intervenus pour séparer le couple et éviter une aggravation de la situation, ainsi que le précise le compte rendu d’information sur le dossier.

À la suite de cet épisode, la plaignante s’est rendue au commissariat de la police urbaine de Saly Portudal pour déposer une plainte formelle. Outre les violences physiques et la maltraitance, elle reproche à son conjoint de retenir leur enfant de cinq ans contre son gré. La plaignante décrit par ailleurs une vie commune marquée par des tensions répétées depuis une décennie et affirme que son mari refuse de lui accorder le divorce malgré la dégradation de leur relation.
Les contestations et les accusations croisées à la barre
Devant le Tribunal d’instance de Mbour, le chef religieux a rejeté l’ensemble des accusations portées à son encontre. C. T. Aïdara assure n’avoir jamais levé la main sur son épouse. Pour expliquer ses décisions, il met en avant des conditions de vie qu’il estime conformes aux besoins de sa famille, affirmant subvenir aux dépenses du foyer malgré un handicap visuel contracté en 2020 à la suite d’une intervention chirurgicale subie au Maroc, selon les précisions relayées par les correspondances journalistiques consacrées à l’affaire.

Le prévenu accuse en retour son épouse de manipulation. Il justifie sa décision d’éloigner l’enfant par les fréquentations de la mère, qu’il qualifie de douteuses au sein de la Petite-Côte. L’audience publique, qui a mobilisé une foule importante devant le tribunal, a ainsi mis en lumière deux versions radicalement opposées de la cellule familiale.
Le calendrier judiciaire et les réquisitions du procureur
Au terme des débats tenus le jeudi 10 septembre, le procureur de la République a demandé l’application de la loi. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et la décision finale doit être rendue le jeudi 24 septembre.