La Ghana Gold Board (GoldBod) a enregistré un bénéfice net d’environ 896 millions de cédi ghanéens, soit près de 78,4 millions de dollars, pour l’exercice 2025. Cette forte progression, saluée par le gouvernement, s’inscrit dans le cadre d’une politique nationale visant à formaliser le secteur aurifère artisanal et à renforcer les réserves de change du pays.
L’autorité ghanéenne de négoce de l’or a vu son bénéfice multiplié par plus de cinq au cours de l’année 2025, passant de 15,6 millions de dollars à environ 78,4 millions de dollars, soit une hausse de 62,8 millions de dollars, ou 402,5%. Exprimés en monnaie locale, ces résultats correspondent à un bond significatif de 178,5 millions de cédi en 2024 à environ 896 millions de cédi en 2025.
La Conférence de la SIGA et les félicitations présidentielles
Le président John Dramani Mahama a publiquement félicité la direction et le personnel de l’agence lors de la Conférence des conseils d’administration et des directeurs généraux de 2026, un événement organisé par la State Interests and Governance Authority (SIGA). Selon le président ghanéen, ces performances traduisent la volonté de l’exécutif de structurer durablement le marché national des métaux précieux. Il a rappelé que la mise en place de mécanismes rigoureux sert directement les intérêts de l’État.
Il a déclaré que cette performance reflétait l’importance stratégique de la mise en place de structures transparentes, responsables et bénéfiques pour la nation autour du commerce de l’or au Ghana.
John Dramani Mahama, Président du Ghana
Malgré ces marques de satisfaction, le président de la République a invité l’institution à ne pas reposer uniquement sur des facteurs externes favorables, tels que la conjoncture du marché ou les fluctuations des taux de change, insistant sur la nécessité d’optimiser les fondements administratifs et logistiques de l’agence.
Il a souligné que ces résultats méritaient des éloges, mais qu’ils devaient toutefois être soutenus par des activités opérationnelles de base plus solides et ne pouvaient pas dépendre indéfiniment d’un simple climat des affaires plus favorable et des mouvements de taux de change.
John Dramani Mahama, Président du Ghana
Production nationale et encadrement de l’or artisanal
Ces performances financières s’appuient sur une croissance soutenue de la production minière nationale. Le pays a extrait près de 5,94 millions d’onces d’or en 2025, enregistrant une progression par rapport à l’année précédente. Ce dynamisme est en grande partie imputable au secteur de l’artisanat et de la petite échelle, dont la production est passée de 1,90 million d’onces à 3,11 millions d’onces.

Face à la persistance de l’orpaillage informel et de la contrebande, les autorités ont élargi les attributions de GoldBod pour l’achat et l’agrégation de l’or produit par les petits exploitants. Cette centralisation progressive vise à canaliser les volumes vers les circuits officiels, à tarir les flux illicites et à consolider durablement les recettes d’exportation de l’État, tout en renforçant les entrées de devises étrangères.
L’or au cœur des recettes d’exportation ghanéennes
Portée par ces volumes record et par la hausse des cours, la valeur globale des exportations d’or a presque doublé en l’espace d’une année. Les rentrées financières sont ainsi passées d’environ 10,3 milliards de dollars en 2024 à près de 20 milliards de dollars à la fin de l’année 2025.
D’après les relevés de la banque centrale cités par l’organisme étatique, l’or supplante désormais nettement le cacao et le pétrole pour s’imposer comme le premier poste des recettes d’exportation du pays, renforçant le rôle stratégique de l’agence dans la stabilité macroéconomique nationale.