Ukraine : l’ONU craint l’hiver le plus difficile depuis l’invasion russe
L'Ukraine s'apprête à traverser l'hiver le plus difficile depuis le début de l'invasion russe, selon un avertissement des Nations unies relayé par la BBC.
L’Ukraine s’apprête à traverser l’hiver le plus difficile depuis le début de l’invasion russe, selon un avertissement des Nations unies relayé par la BBC. Alors que les températures peuvent chuter jusqu’à -20°C, les frappes systématiques sur les infrastructures énergétiques font craindre une potentielle catastrophe humanitaire.
À l’approche de la saison froide, le pays se trouve confronté à une situation critique sur le front de l’énergie et de la sécurité des civils. Les autorités internationales et nationales multiplient les mises en garde face aux menaces qui pèsent sur le réseau électrique ukrainien.
L’avertissement de l’ONU et les risques pour les infrastructures énergétiques
L’ancien Premier ministre belge De Croo a dressé un tableau alarmant de la situation auprès du radiodiffuseur britannique, affirmant que l’Ukraine entamait cette période depuis un très faible niveau et que l’organisme onusien nourrissait de profondes inquiétudes quant à l’évolution de la situation hivernale, selon la BBC. Cette vulnérabilité accrue découle directement de la stratégie militaire russe, caractérisée par des frappes qualifiées de très systématiques. De Croo a déclaré à la BBC : Ce winter is going to be the toughest one since the war. Il a ajouté que l’Ukraine est partie from a very weak base going into this winter et que les Nations unies sont very, very worried… about what this winter could become.
« This is petrol stations, it’s shopping malls, it’s business centres, but it’s especially energy infrastructure, energy transmission lines, and so on. There is absolutely no justification for that, »
Photo: cnbc.com
De Croo, ancien Premier ministre de la Belgique, via BBC
Ce pilonnage ciblé pourrait mener à un worst-case scenario où les populations rencontreraient des difficultés pour accéder à l’énergie afin d’alimenter le chauffage, tandis que les systèmes d’eau et d’égouts cesseraient de fonctionner. Selon les analyses rapportées par De Croo, avec des températures locales pouvant chuter à -20°C, ces conditions mèneraient à des circonstances which would be really close to humanitarian catastrophe, tout en entraînant quite some human suffering si les alimentations électriques et les infrastructures critiques étaient sévèrement endommagées.
Ukrainian officials are bracing for another extremely difficult winter, fearing that a Russian assault on energy infrastructure could pose the toughest challenge of the war yet. From as early as April, Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy has emphasized the importance of ensuring that the country’s energy and infrastructure facilities are fully operational and reliably protected for the next heating season. Just last month, in the peak of the Ukrainian summer, Zelenskyy confirmed Sergii Koretskyi as Ukraine’s new prime minister and said the former CEO of state-owned gas company Naftogaz would help to protect lives and ensure that we make it through the winter.
Les défis de la reconstruction et les contextes géopolitiques
Under efforts to prepare Ukraine for winter the UN Development Programme is involved, while the broader military situation continues to see intense developments. Selon Tanguy de Wilde d’Estmael, la stratégie adoptée en ce moment par l’Ukraine sur la ligne de front consiste à tenir au maximum les positions et observer les manœuvres russes. On ne peut plus faire la guerre comme on la faisait en 1944 avec, par exemple, un débarquement ou le franchissement d’un fleuve sur une grande surface, puisque les troupes seraient vues et harcelées de toutes parts, explique-t-il. De leur côté, les Russes tirent profit de ce conflit plus ou moins gelé en tant qu’arme géopolitique redoutable, gardant un contrôle indirect sur des territoires stratégiques et empêchant ces pays de se rapprocher de l’Occident. Fin octobre, l’armée russe contrôlait totalement ou partiellement 19,2% du territoire ukrainien, dont quelque 7% en Crimée et dans des zones du Donbass déjà contrôlés avant l’invasion de février 2022.
“The worst #winter since 1991“: #Ukraine’s #energy crisis explainedPhoto: lesoir.be
Parallèlement, la situation diplomatique et les déclarations internationales marquent l’actualité du conflit. Après avoir vu le chef d’Etat ukrainien à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a estimé que avec du temps, de la patience et le soutien financier de l'Europe et en particulier de l'Otan, c'est tout à fait une option de revenir aux frontières d'où ce conflit a débuté. Affirmant que Poutine et la Russie ont de GROS problèmes économiques et c'est le moment pour l'Ukraine d'agir, le président américain a ajouté qu’il continuerait de fournir des armes à l’Otan. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué mardi ce « tournant » opéré par son homologue américain sur l’Ukraine, tout en pointant à la tribune du Conseil de sécurité de l’ONU le rôle que la Chine pourrait jouer si elle le voulait.
Précédents cyberattaques et dimensions historiques du conflit
Sur le plan des infrastructures et de la sécurité numérique, le Royaume-Uni et ses alliés internationaux ont annoncé que la Russie a été à l’origine d’une série de cyberattaques depuis le début de l’invasion renouvelée. La plus récente attaque – contre Viasat le 24 février – a commencé environ une heure avant le lancement de l’invasion majeure, le NCSC évaluant que la Russie était presque certainement responsable. Bien que la cible principale ait été l’armée ukrainienne, d’autres clients, des utilisateurs d’Internet personnels et commerciaux, des parcs éoliens en Europe centrale et des utilisateurs d’Internet ont été touchés. Le NCSC a également évalué que les services de renseignement militaire russes étaient presque certainement impliqués dans le sabotage du 13 janvier consistant au déacement de sites web du gouvernement ukrainien et au déploiement du programme malveillant destructeur Whispergate. La secrétaire aux Affaires étrangères Liz Truss a qualifié ces actes de clear and shocking evidence of a deliberate and malicious attack by Russia against Ukraine which had significant consequences.
Photo: lavenir.netRussian invasion of Ukraine could cause global food crisis, UN warns – BBC News
L’histoire récente du conflit comprend également l’occupation du site de la centrale nucléaire de Chornobyl (ChNPP), qualifiée d’acte de terrorisme nucléaire de la part de la Russie lors de la guerre russo-ukrainienne. Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine en 2022, le site industriel de la ChNPP a été saisi par les forces armées russes dès le premier jour de l’agression, le 24 février. Par la suite, le site a été utilisé comme base militaire par l’armée d’occupation russe pour y déployer des soldats et des engins militaires, l’invasion de la zone d’exclusion (ChEZ) ayant été lancée depuis le territoire de la république de Bélarus, qui a fourni ses terres comme zone de rassemblement pour une offensive contre Kyiv.
Appels à la paix et fin d’année 2025
À l’occasion de son premier message de Noël, le pape Léon XIV a appelé jeudi l’Ukraine et la Russie à trouver « le courage de dialoguer directement » et a fustigé les « blessures ouvertes » laissées par les guerres. Le souverain pontife a également évoqué les « tentes de Gaza » et les conditions extrêmes des populations face aux pluies hivernales. Alors que l’année 2025 s’achève, l’appel du pape à une trêve d’un jour dans le monde n’a pas été entendu en Ukraine, où la guerre fait rage depuis près de quatre ans. Lors de sa traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi », Léon XIV a exhorté les parties impliquées à trouver le courage de dialoguer de manière sincère, directe et respectueuse, alors que Moscou et Kiev négocient séparément depuis plusieurs semaines.
Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.