Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est déclaré prêt à rencontrer Vladimir Poutine lors du prochain sommet du G20 prévu en décembre à Miami. Cette annonce intervient alors que Washington intensifie ses efforts diplomatiques et que Moscou confirme l’envoi de représentants à une réunion énergétique à Houston.
Les contours d’un éventuel dialogue direct entre Kiev et Moscou se dessinent timidement à l’horizon diplomatique. Interrogé par la chaîne allemande Deutsche Welle dans une interview publiée le samedi, Volodymyr Zelensky a ouvert la porte à un face-à-face avec son homologue russe, à condition que les deux dirigeants soient conviés à la prochaine réunion internationale organisée par les États-Unis.
Interrogé par la chaîne Deutsche Welle sur le fait de savoir s’il rencontrerait Vladimir Poutine lors de cette réunion en décembre si les deux dirigeants sont invités, il a répondu : « Oui, bien sûr. Nous devons venir. Nous devons nous rencontrer, parler et prendre des décisions ».
Volodymyr Zelensky a estimé que ce qu’il allait dire à son homologue russe importait moins que les résultats. « Il ne s’agit pas de mots. Ce que je lui dirai ou ce qu’il veut me dire, cela n’a pas d’importance. Cela n’a pas d’importance (…) Seuls les résultats comptent. C’est tout ». Le président russe n’a pas répondu dans l’immédiat à cette demande. Le Kremlin s’est jusqu’à présent refusé à dire si Poutine se rendrait à Miami pour la réunion.
Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou et à Kiev
L’offensive diplomatique américaine et les discussions du G20 sur l’énergie à Houston. Washington a récemment tenté de relancer des efforts diplomatiques longtemps au point mort pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, avec la visite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou et à Kiev le week-end dernier.
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump ont également discuté de la guerre la semaine dernière lors d’une conversation téléphonique « d’une extrême franchise », selon le Kremlin. M. Zelensky a déclaré dans l’interview à la chaîne allemande, qui a eu lieu vendredi, que la visite des émissaires américains était un « bon signal », et qu’il était important que le duo se soit rendu à Kiev ainsi qu’à Moscou. « C’est une marque de respect envers notre peuple », a-t-il relevé.
Les États-Unis assurent cette année la présidence du G20. Plus tôt dans la journée, la diplomatie russe a indiqué que les représentants russes au G20 sur l’énergie à Houston participeront aux travaux. Début septembre, le ministre russe des Finances Anton Silouanov avait participé aux réunions financières.
Ivan Vygivsky annonce une frappe russe à Pavlograd
Par ailleurs, les violences se poursuivent sur le terrain en Ukraine. « Il y a maintenant deux morts dans l’attaque de ce matin sur une station-service de Kiev. Une victime est décédée à l’hôpital », a indiqué M. Klitschko sur Telegram, précisant que quatre personnes blessées sont hospitalisées.

Au moins cinq personnes ont été tuées et 67 blessées jeudi dans une frappe russe sur un centre commercial dans la ville de Pavlograd, dans le centre-est de l’Ukraine, ont annoncé les autorités. « Il y a environ une heure, les Russes ont frappé un centre commercial situé dans le centre-ville de Pavlograd. En plein jour, alors que les rues étaient bondées », a déclaré sur Telegram le ministre de l’Intérieur Ivan Vygivsky. Le gouverneur régional Oleksandre Ganja a fait état d’un bilan actualisé de cinq tués et 67 blessés, dont huit enfants. Un autre bilan actualisé a ensuite établi quatre morts et 60 blessés.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également indiqué jeudi prévoir de rencontrer son homologue américain Donald Trump fin septembre à New York, après la récente visite à Kiev et Moscou des émissaires américains pour trouver une issue à la guerre en Ukraine. « A la fin du mois de septembre, nous aurons l’occasion de nous rencontrer, je pense, avec l’équipe américaine à New York », a déclaré Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse au Canada, évoquant une « réunion à New York avec le président Trump ».
Mark Carney annonce 350 millions de dollars canadiens
Le Canada va par ailleurs fournir des moyens de défense aérienne à l’Ukraine. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé jeudi le déblocage de 350 millions de dollars canadiens (218 millions d’euros) pour fournir des moyens de défense aérienne à l’Ukraine, avec qui le Canada a par ailleurs signé un partenariat en matière de production de drones. Les intercepteurs seront fournis à Kiev par le Canada via un programme américain ouvert aux alliés de l’Ukraine pour financer ses efforts de guerre.

Concernant une éventuelle rencontre avec Vladimir Poutine, la discussion pourrait être organisée sans attendre si les conditions politiques sont réunies. Interrogé dans le Bureau ovale sur la possibilité d’un nouveau sommet avec Poutine, Donald Trump a estimé que le dirigeant russe accepterait une telle rencontre s’il le souhaitait, tout en précisant qu’il ne voulait pas d’un rendez-vous sans perspective concrète de règlement. Selon les propos rapportés par Ukrinform, il a déclaré : « Je veux que cette réunion ait lieu lorsque nous serons prêts à parvenir à un accord de paix. » Le président américain a aussi affirmé que Washington souhaitait maintenir de bonnes relations avec la Russie, l’Ukraine et les autres pays, associant cette perspective à des intérêts économiques américains en évoquant les ressources et l’étendue du territoire russe. Donald Trump a toutefois fixé un autre repère temporel : la fin du conflit. Il a assuré qu’une rencontre avec Poutine pourrait avoir lieu « immédiatement », mais a répété qu’il souhaitait la tenir lorsque la guerre approcherait de son terme.