La tenue des Championnats du monde de cyclisme sur route à Montréal entraîne la suspension des cours dans plusieurs écoles de Verdun et d’Outremont, suscitant une vive polémique. Alors que la métropole anticipe des perturbations de circulation majeures, le maire de Québec, Bruno Marchand, affirme qu’il aurait accueilli l’événement avec enthousiasme.
L’interruption des cours dans les écoles de Verdun et d’Outremont
Les préparatifs des Championnats du monde de cyclisme sur route provoquent des répercussions directes sur le calendrier scolaire à Montréal. Plusieurs centres scolaires situés dans les arrondissements de Verdun et d’Outremont devront suspendre leurs cours en raison des rues barrées et des entraves routières prévues pour la compétition, selon les informations rapportées par La Presse.
Cette décision passe mal auprès des instances dirigeantes de l’éducation. André Bernier, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE), a qualifié cette fermeture d’aberration lors d’une entrevue radiophonique diffusée vendredi.
« Il y a comme une aberration à travers ça. Moi, ça vient me dire que l’école, ce n’est pas prioritaire pour les gens au Québec parce qu’on ferme des écoles pour un Grand Prix cycliste. »
André Bernier, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE), via Tvanouvelles
Le président de l’AQPDE déplore que l’institution scolaire serve régulièrement de variable d’ajustement pour l’organisation d’événements ou la mise en place d’interventions de santé publique. Il rappelle que l’obligation légale des 180 jours de classe se trouve ainsi compromise par une accumulation de contraintes externes.
Le contraste politique entre Montréal et Québec
Alors que la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a prévenu lors d’un conseil d’arrondissement que la période à venir serait l’enfer
en matière de circulation, le maire de Québec, Bruno Marchand, adopte un ton résolument opposé.
S’exprimant lors de la conférence de presse d’ouverture du Grand Prix cycliste de Québec, le maire de la capitale nationale a assuré qu’il se serait battu pour obtenir l’événement si l’occasion s’était présentée à lui par le passé. Une position confirmée par Sébastien Arsenault, futur président du comité d’organisation, qui a rappelé que les promoteurs des Mondiaux avaient initialement songé à Québec vers 2018, avant de se heurter au refus de l’ancien maire Régis Labeaume.

Pour Bruno Marchand, les retombées économiques et le positionnement international justifient amplement les contraintes temporaires. Le maire de Québec a souligné que sa ville aurait su gérer l’événement en misant sur l’information préventive aux citoyens et la mobilisation de la police municipale.
« Ça amène des bénéfices énormes. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’entraves ou de conséquences. Les Championnats du monde à Québec, je les aurais pris. Tout comme je prendrais bien des événements internationaux dans la mesure où nous pouvons en faire un succès financier. »
Bruno Marchand, maire de Québec, via Journal de Montréal
Gestion financière et fermeture prolongée de l’avenue du Parc
Du côté de l’organisation montréalaise, les choix logistiques répondent avant tout à des impératifs budgétaires. Joseph Limare, directeur général des Championnats du monde de cyclisme sur route, a justifié la fermeture permanente d’un tronçon de l’avenue du Parc — entre l’avenue du Mont-Royal et la rue des Pins — du début du Grand Prix jusqu’au 4 octobre.
Plutôt que de démonter les installations entre le Grand Prix cycliste et les Mondiaux prévus du 20 au 27 septembre, l’administration a opté pour un maintien des structures afin d’éviter des dépenses publiques excessives.
« On aurait pu rouvrir entre les deux, ça aurait coûté beaucoup plus cher d’organiser les Championnats du monde. C’est un souci de gestion financière. »
Joseph Limare, directeur général des Championnats du monde de cyclisme sur route, via La Presse
Le directeur général a précisé que c’est l’administration municipale qui a tranché en faveur de cette solution continue, écartant l’hypothèse d’une réouverture temporaire qui risquait de désorienter les usagers et d’alourdir la facture liée au montage et au démontage répétés des arches et des barrières de sécurité.
Pérennité du Grand Prix et perspectives économiques à Québec
Profitant de cette séquence sportive, la Ville de Québec a profité de l’ouverture de son propre rendez-vous cycliste pour officialiser le maintien de son épreuve à long terme. Une nouvelle entente de quatre ans — comprenant deux années fermées et une option — est en voie d’être signée avec les organisateurs pour prolonger le Grand Prix jusqu’en 2030 au moins.

Le modèle financier de l’étape de Québec repose sur un investissement municipal stable d’environ 1,3 million de dollars en fonds propres, complété par près de 300 000 dollars en services municipaux. Des sommes jugées pleinement rentables par l’exécutif municipal pour dynamiser l’attractivité hôtelière et stimuler l’économie locale.