La reprise a tourné à la démonstration pour le coureur de l’équipe Red Bull-BORA-hansgrohe. Au terme d’un parcours exigeant de 206 kilomètres jalonné de 2 780 mètres de dénivelé positif, le champion du monde 2022 a su déjouer les pièges d’une course rendue nerveuse par les multiples ascensions de la côte de la Montagne, selon les informations publiées par Eurosport.
Une attaque tactique à trente kilomètres de l’arrivée
L’action décisive ne s’est pas jouée dans les pourcentages les plus raides des vingt ascensions de la côte de la Montagne, longue de 600 mètres avec une pente moyenne de 9% et un passage à 13%. C’est sur le plat, à moins de trente kilomètres du terme, que le Belge a placé une offensive tranchante pour faire exploser le groupe des favoris.
Cette manœuvre a surpris plusieurs têtes d’affiche, dont Isaac Del Toro et Juan Ayuso, qui ont été jugés trop discrets dans le final. S’extirpant du peloton, Remco Evenepoel a reçu le renfort de Giulio Ciccone, d’Anthon Charmig, d’Alessandro Pinarello et d’Alberto Bettiol, créant un écart que le peloton n’a jamais pu combler, ainsi que le rapporte la couverture spécialisée de la course.
Le duel final face à Giulio Ciccone dans les rues de Québec
À vingt-sept kilomètres du but, une première violente accélération avait déjà écrémé le groupe de tête. Dans l’explication finale, seul l’Italien Giulio Ciccone a eu la ressource de suivre le rythme imposé par le coureur de vingt-six ans. Anthon Charmig a fini par céder dans les derniers hectomètres sous la pression de la formation de tête.
Emmenant le duo jusqu’aux derniers mètres pour contrer le vent de face, le vainqueur a assumé la charge du travail avant de déclencher son effort à deux cents mètres de la ligne.
« Je voyais que Giulio était très fort. Je me méfiais du vent de face mais j’ai tout donné pour garder mon avantage jusqu’à la ligne. »
Remco Evenepoel, vainqueur du Grand Prix de Québec, via Dhnet
L’athlète a également concédé avoir fourni l’essentiel de l’effort dans le groupe de tête, ce qui a pu peser sur son explosivité dans la dernière ascension, tout en réitérant sa confiance en sa pointe de vitesse.
La course animée du prodige français Paul Seixas
De retour à la compétition sept semaines après sa quatrième place remarquée sur le Tour de France, le jeune Français Paul Seixas a tenté de peser sur les débats. Le coureur de dix-neuf ans a été le premier des favoris à déclencher les hostilités en attaquant à quarante-deux kilomètres de l’arrivée dans la côte de la Montagne, piégeant une première fois le futur lauréat.

Malgré des efforts répétés et une volonté manifeste de recoller sur les fuyards, l’écart ne descendit jamais sous les quinze secondes. Eurosport souligne que le jeune coureur français a lutté jusqu’à huit kilomètres de l’arrivée avant de signer son abandon en hochant la tête, après avoir tout donné pour combler son retard.
Cap sur le Grand Prix de Montréal et les championnats du monde
Cette victoire inaugurale apporte un capital de confiance idéal à l’approche des échéances internationales, même si le principal intéressé a préféré tempérer les attentes après la course, insistant sur la nécessité de prendre chaque journée comme elle vient.
Le prochain test grandeur nature se tiendra dès dimanche à l’occasion du Grand Prix de Montréal, qui servira de répétition générale sur le circuit tracé en vue de la course en ligne des championnats du monde programmée le 27 septembre dans ces mêmes rues canadiennes.