Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

Le Maroc Allie Investissements Chinois et Partenariat Avec Les États-Unis

Le roi Mohammed VI a rebaptisé une route de 1 000 kilomètres au Sahara occidental en l'honneur de Donald Trump, tandis que le Maroc consolide son pôle industriel automobile grâce…

Le Maroc Allie Investissements Chinois et Partenariat Avec Les États-Unis

Le roi Mohammed VI a rebaptisé une route de 1 000 kilomètres au Sahara occidental en l’honneur de Donald Trump, tandis que le Maroc consolide son pôle industriel automobile grâce à des investissements chinois massifs tout en maintenant son partenariat commercial historique avec les États-Unis.

La relation entre le Maroc et les États-Unis repose sur des fondations séculaires qui continuent d’influencer la géopolitique nord-africaine. Récemment, le roi du Maroc, Mohammed VI, a rebaptisé une route de 1 000 kilomètres traversant le Sahara occidental en l’honneur du président américain Donald J. Trump, selon la couverture de l’actualité internationale par la BBC. Ce geste intervient en signe de gratitude pour le soutien apporté par l’administration américaine à la souveraineté de Rabat sur ce territoire contesté.

Les répercussions diplomatiques d’une crise migratoire aux frontières de l’Espagne

Cette décision diplomatique a coïncidé avec une grave crise migratoire survenue lorsque plus de 70 000 personnes ont fui le territoire marocain pour rejoindre la ville espagnole de Ceuta. Cette traversée de masse a fait au moins 140 morts de part et d’autre de la frontière. Face à ces événements, la réaction de Washington a illustré la solidité de ses liens avec le royaume alaouite.

Donald Trump a qualifié ces incidents de catastrophe comparable à l’invasion d’un pays. De son côté, le département d’État américain a pointé du doigt la politique d’immigration du gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sánchez, tandis que la Maison Blanche a publiquement dénoncé les politiques mondialistes d’extrême gauche. À aucun moment les autorités américaines n’ont remis en cause le Maroc dans cette gestion des flux migratoires.

Cette position univoque de Washington suscite des inquiétudes en Espagne. Pays membre de l’OTAN, l’Espagne héberge des forces américaines sur ses bases militaires de Rota et de Morón. Bien que le Maroc ne fasse pas partie de l’Alliance atlantique, il demeure l’un des principaux partenaires militaires et de renseignement des États-Unis sur le continent africain.

Un traité de paix signé en 1786 et un partenariat militaire indéfectible

Malgré la distance géographique et culturelle, les liens bilatéraux remontent aux premiers jours de l’indépendance américaine. En 1776, alors que les États-Unis proclamaient leur émancipation de l’Empire britannique, le Maroc était un sultanat indépendant dirigé par la dynastie alaouite. Un an et demi plus tard, le sultan Mohammed III autorisait les navires de la nouvelle nation à entrer librement dans les ports marocains, un décret que Rabat présente comme la première reconnaissance internationale des États-Unis.

Top 12 des #Investissements #Chinois au #Maroc qui Font Bouger l’Économie en 2024 🇲🇦🇨🇳

Le Bureau de l’historien du Département d’État américain situe quant à lui cette reconnaissance officielle au 23 juin 1786, date de la signature du Traité de paix et d’amitié à Marrakech. À cette époque, privée de la protection de la marine britannique, la jeune république américaine craignait les corsaires marocains, algériens, tunisiens et tripolitains qui capturaient ses navires et retenaient les équipages contre rançon. L’accord garantissait la navigation pacifique, ouvrait des perspectives commerciales et renforçait la légitimité internationale du pays.

Renégocié en 1836, ce texte régit toujours les relations bilatérales. Comme les Marocains vous le diront toujours, le traité de 1786 reste le plus ancien accord en vigueur dans l’histoire des États-Unis, souligne Sarah Yerkes, chercheuse associée au Moyen-Orient à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, relayée par les analyses historiques de la BBC. Par la suite, lorsque le Maroc fut divisé en 1912 entre un protectorat français et des zones sous contrôle espagnol, Washington a hésité avant de reconnaître ce nouvel ordre colonial en 1917.

Le financement de la gigafactory de Kénitra et l’offensive industrielle chinoise

Parallèlement à son alliance de sécurité avec Washington, le Maroc redessine son paysage économique en attirant les investisseurs chinois pour propulser son boom industriel, d’après les observations du journal espagnol El Economista rapportées par Bladi. À Kénitra, le fabricant Gotion High-Tech — dont Volkswagen détient environ 25 % du capital — érige une usine de batteries électriques pour un investissement initial de 1,3 milliard de dollars.

Cette première phase industrielle doit atteindre une capacité annuelle de 10 GWh pour produire localement des cellules et des packs de batteries lithium-fer-phosphate (LFP). Pour soutenir ce projet d’envergure, la Banque africaine de développement a déjà validé un financement de 110 millions de dollars en faveur de cette future gigafactory.

D’autres groupes chinois se positionnent massivement autour des pôles de Tanger, Kénitra et Jorf Lasfar dans la production de cathodes, d’anodes, de pneumatiques et d’équipements automobiles. Entre 2023 et 2025, le pays a ainsi capté près de la moitié des projets automobiles chinois recensés dans la région MENA.

La balance commerciale américaine face à la stratégie de double ancrage du royaume

Malgré cette percée technologique et financière de Pékin, Rabat veille à préserver ses liens étroits avec les États-Unis. L’accord de libre-échange entré en vigueur en 2006, combiné à une coopération militaire dense, permet à Washington de conserver une position stratégique privilégiée dans le royaume, selon les données économiques relayées par Bladi.

Mohamed VI et Trump
Photo: bbc.com

Les entreprises américaines tirent un profit direct de cette proximité institutionnelle. En 2025, les États-Unis ont exporté pour 5,53 milliards de dollars de marchandises vers le Maroc, pour 1,86 milliard de dollars d’achats, dégageant un excédent commercial de 3,67 milliards de dollars. La tendance s’est accentuée au cours des sept premiers mois de 2026, durant lesquels les ventes américaines ont franchi le cap des 4 milliards de dollars, portant l’excédent à 2,83 milliards.

La Chine se tourne vers le Maroc pour tromper les États-Unis

Pour la Chine, s’implanter au Maroc offre un accès direct à une base de production proche de l’Europe, connectée aux grands marchés par les infrastructures du port de Tanger Med et adossée à un secteur automobile déjà structuré. Le royaume combine ainsi ses gisements de phosphates — indispensables aux batteries LFP — avec ses traités de libre-échange liant à la fois l’Union européenne et les États-Unis. En cultivant cette double approche, Rabat utilise la concurrence entre les superpuissances pour moderniser son appareil productif sans s’enfermer dans une dépendance exclusive.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.