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Union européenne : l’avenir des minéraux critiques

La demande mondiale en minéraux critiques pourrait presque tripler d’ici 2030, selon un rapport des Nations Unies.

Gallium, utilisé dans les panneaux solaires

La demande mondiale en minéraux critiques pourrait presque tripler d’ici 2030, selon un rapport des Nations Unies. Cette explosion de la demande, portée par la transition énergétique et l’abandon des combustibles fossiles, menace d’enfermer les pays en développement dans un rôle de simples exportateurs de matières premières brutes sans valeur ajoutée.

L’enjeu géopolitique et industriel de la transition énergétique

Le lithium, le cobalt et le nickel alimentent les batteries, tandis que le gallium équipe les panneaux solaires, que le bore brut renforce les technologies éoliennes, et que le titane et le tungstène soutiennent les secteurs spatiaux et de la défense. Ces matériaux sont devenus les pièces maîtresses de la transformation de l’économie mondiale.

Pour l’Union européenne, l’approvisionnement, la transformation et le recyclage des matières premières critiques constituent un défi majeur pour l’avenir. Avec la législation européenne sur les matières premières, l’UE cherche à garantir un accès sûr et durable tout en réduisant sa dépendance à l’égard de fournisseurs uniques.

À l’échelle mondiale, le Groupe d’experts des Nations Unies sur les minéraux essentiels à la transition énergétique indique que la demande va s’accroître à mesure que le monde s’oriente vers des sources d’énergie renouvelables pour atteindre le zéro net en carbone d’ici 2050. Pour les pays en développement riches en ressources, cette évolution représente un levier potentiel de croissance, à condition qu’ils parviennent à capter une part plus importante de la richesse générée.

Le déséquilibre de la chaîne de valeur en Afrique

Aujourd’hui, la valeur ajoutée reste concentrée dans les étapes de raffinage, de transformation, de fabrication et d’innovation, lesquelles se situent le plus souvent en dehors des territoires d’extraction. Ce déséquilibre frappe particulièrement le continent africain.

Bien qu’il abrite plus d’un cinquième des réserves mondiales de métaux indispensables à la transition énergétique, l’Afrique ne tire qu’environ 40 % des revenus potentiels liés à ces minéraux essentiels, selon le rapport présenté devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. En outre, le continent ne représente que 1 % de la capacité photovoltaïque mondiale.

Près de la moitié des États membres de l’ONU demeurent dépendants des matières premières, qui génèrent plus de 60 % de leurs recettes d’exportation. Pour Juana María Ibáñez Rivas, Présidente du Mécanisme d’experts sur le droit au développement, cette dépendance constitue l’un des principaux freins à un développement partagé.

Cela nécessite également de passer d’un transfert de technologie à sens unique à un véritable co-développement, favorisant la création de valeur ajoutée au niveau national plutôt que de perpétuer la dépendance vis-à-vis de la fabrication et de l’innovation externes.

Juana María Ibáñez Rivas, Présidente du Mécanisme d’experts sur le droit au développement, via UN

Le pari de la transformation locale en République démocratique du Congo

Face à ce modèle, plusieurs voix institutionnelles appellent à investir massivement dans le raffinage et les capacités locales pour progresser dans la chaîne de valeur minière. La République démocratique du Congo illustre l’impact de cette stratégie : en 2022, la transformation locale du cobalt a porté la valeur des exportations du pays de 167 millions à 6 milliards de dollars.

Cette approche, fondée sur le droit au développement, concerne d’autres pays du Sud tels que le Brésil et l’Inde. Elle vise à éviter une marginalisation face aux grandes puissances. Les restrictions réciproques à l’exportation de matières premières, observées fin 2024 et début 2025, ont en effet accentué les tensions sur les prix et l’accès aux ressources. Face à ces frictions, les experts recommandent une coopération accrue entre pays du Sud, notamment au sein du G20.

L’évolution des programmes de développement rural et de la PAC

Parallèlement aux politiques industrielles minières, les pays de l’UE poursuivent leurs programmes de développement rural nationaux et régionaux, cofinancés par le Fonds européen pour le développement rural et les budgets nationaux. Le budget du FEADER pour la période 2014-2020 s’élevait à environ 100 milliards d’euros.

En vertu d’un règlement transitoire adopté le 23 décembre 2020, ces programmes ont bénéficié de 26,9 milliards d’euros pour la période 2021-2027, ainsi que de 8,1 milliards d’euros supplémentaires provenant de l’instrument de relance NextGenerationEU. De nombreux projets inclus dans ces dispositifs se poursuivent jusqu’à la fin de 2025.

À compter de 2023, les actions de développement rural ont été intégrées dans les plans stratégiques nationaux de la Politique agricole commune. Chaque plan s’articule désormais autour d’objectifs sociaux, environnementaux et économiques pour l’agriculture, la sylviculture et les zones rurales de l’Union européenne, tandis que le Royaume-Uni a achevé sa période de transition post-Brexit le 31 décembre 2020.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.