Alors que la Banque centrale européenne vient de procéder à une hausse de ses taux pour la deuxième fois sur la période, les marchés financiers se préparent à une série de décisions cruciales de politique monétaire à l’échelle internationale, selon un aperçu publié sur Boursier. Ce calendrier chargé intervient dans un climat marqué par l’accélération des risques inflationnistes, la flambée des rendements obligataires et la hausse des cours du pétrole.
Le bal des banques centrales face à la flambée des cours et de l’inflation
Le nombre de défis à relever par les autorités monétaires augmente rapidement. Du côté des matières premières, le Brent a repassé le seuil des 100 dollars le baril pour la première fois depuis le mois de juillet. Cette tension s’est intensifiée après la fermeture d’un important oléoduc est-ouest par l’Arabie saoudite, consécutive à des attaques de drones dans un contexte de conflit au Moyen-Orient. Ce pipeline permettait jusqu’alors au royaume de contourner le détroit d’Ormuz, bloqué en raison de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
La Réserve fédérale américaine sous les feux des projecteurs
La Réserve fédérale américaine doit rendre sa décision de politique monétaire, les investisseurs se demandant si l’institution optera pour un relèvement des taux afin d’endiguer la hausse des prix. Contrairement à la Banque centrale européenne, dont les intentions de resserrement étaient largement anticipées, la trajectoire de la Fed et l’orientation future de ses taux au cours des prochains mois suscitent de nombreuses interrogations sur les marchés financiers.
Selon l’analyse de Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour etoro, si la banque centrale présente cette hausse éventuelle comme une mesure de précaution face à un regain d’inflation plutôt que comme le début d’un cycle prolongé, les marchés pourraient l’interpréter de manière accommodante. Cette lecture serait susceptible de limiter les pressions haussières sur les rendements des bons du Trésor américain à long terme, même si les taux à court terme se maintiennent à des niveaux élevés.
Une pression généralisée sur les marchés de l’énergie et des matières premières
En Europe, les cours du gaz naturel ont atteint un pic depuis la fin de l’année précédente, dépassant la barre des 80 euros par mégawattheure (MWh). Cette situation pèse sur les réserves alors que la saison hivernale approche, avec des stocks se trouvant à leur plus bas niveau pour cette période sur une période de quinze ans. Parallèlement, des vagues de chaleur estivales inédites ont ravagé les cultures et les pâturages, faisant planer la menace d’une inflation persistante sur les denrées alimentaires.
Sur le front des métaux industriels, le cuivre a atteint des sommets historiques proches de 15 000 dollars la tonne, un matériau indispensable qui trouve des applications allant des réseaux électriques au matériel d’intelligence artificielle. Face à ces chocs multiples, les banquiers centraux doivent également composer avec d’autres échéances majeures, puisque la Banque d’Angleterre et la Banque d’un autre grand pays asiatique doivent à leur tour annoncer leurs orientations monétaires respectives dans le cadre de ce tour d’horizon international.
Les perspectives des autres institutions monétaires mondiales
Dans la foulée de la décision américaine, la Banque d’Angleterre devrait opter pour le maintien de ses taux directeurs, bien qu’une croissance économique solide laisse entrevoir la possibilité d’un durcissement d’ici la fin de l’année. Les analystes soulignent par ailleurs que la crédibilité monétaire demeure un impératif pour éviter une inflation durable, un enjeu également mis en avant par les travaux de recherche menés au sein d’établissements spécialisés tels que SKEMA Business School pour décrypter l’efficacité des outils traditionnels face aux chocs d’offre et de demande.
En parallèle, les réflexions institutionnelles se poursuivent autour de la modernisation des paiements, la Banque centrale européenne menant des travaux de préparation sur un éventuel euro numérique. Comme l’ont rappelé des responsables de l’institution de Francfort dans une note d’analyse disponible sur le site de la BCE, ces préparatifs techniques visent à offrir un mode de paiement supplémentaire sans pour autant remplacer les espèces ni remettre en cause le rôle d’intermédiation financière des banques privées.