La flambée épidémique de maladie à virus Bundibugyo en République démocratique du Congo a atteint 6 757 cas confirmés et 3 267 décès au 7 septembre 2026, selon l’Organisation mondiale de la santé. Tandis que l’Ituri montre de timibles signes de reflux, le virus progresse rapidement dans le Nord-Kivu.
Expansion géographique et foyers actifs en République démocratique du Congo
L’épidémie de virus Bundibugyo en République démocratique du Congo s’est étendue à une nouvelle zone de santé, celle de Kayna dans le Nord-Kivu, portant le total à 61 zones sanitaires touchées réparties dans six provinces sur les 26 que compte le pays, d’après un bilan de l’Organisation mondiale de la santé arrêté au 7 septembre 2026. Le cumul national s’élève alors à 6 757 cas confirmés, auxquels s’ajoutent des cas isolés signalés en Ouganda, en France et en Allemagne.
La mortalité globale demeure élevée, avec un taux de létalité brut de 48,3%. Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu subissent l’essentiel de la charge épidémique. L’Ituri demeure l’épicentre historique de la crise avec plus de 5406 cas cumulés, tandis que le Nord-Kivu voit ses taux hebdomadaires doubler par endroits, affichant localement l’un des taux de létalité les plus lourds de cette vague, atteignant 65,4% selon les données publiées par l’agence sanitaire internationale.
Contrastes épidémiologiques entre l’Ituri et le Nord-Kivu
La situation sur le terrain présente des trajectoires divergentes selon les régions. Alors que les services sanitaires constatent un fléchissement de la transmission dans l’Ituri, les autorités sanitaires soulignent que cette décrue s’amorce depuis des sommets très élevés. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé lors d’un point de presse à Genève que l’immensité du territoire congolais empêche de parler d’une épidémie unique.
Bien qu'il y ait des signes de réduction de la transmission en Ituri, cela diminue à partir d'un niveau élevé : rien que la semaine dernière, environ 300 nouveaux cas et 160 décès ont été signalés, ce qui représente près de la moitié du total national.
Face à la complexité logistique d’un pays grand comme l’Europe occidentale, les équipes de riposte doivent composer avec des infrastructures de transport dégradées, des pistes presque impraticables et des liaisons aériennes restreintes. La direction de l’agence onusienne a également mis en garde contre l’impact de l’insécurité et des mouvements de population, une minorité d’habitants s’en prenant parfois aux structures sanitaires et aux travailleurs humanitaires malgré un soutien global de la population.
L’ombre de la crise humanitaire et les défis de la surveillance
Les efforts de confinement se heurtent à une crise humanitaire profonde ancrée dans l’est du pays, alimentée par les affrontements récurrents entre les forces gouvernementales et la milice M23 soutenue par le Rwanda. Les vagues successives de déplacement, aggravées par les poussées de violence de fin 2024 et de janvier 2025, ont jeté des centaines de milliers de personnes dans des camps de réfugiés en Ituri, notamment à Bunia.
Cette précarité chronique favorise la malnutrition et détourne une partie des habitants des structures de soins, augmentant les risques de mortalité infantile et compliquant le suivi des malades chroniques ou d’autres pathologies comme le VIH. Malgré ces barrières, les équipes de terrain maintiennent la surveillance : au 7 septembre 2026, des milliers de contacts étaient suivis activement chaque jour, bien que la couverture des contacts avoisine 85,3% en raison des difficultés d’accès aux zones reculées.
Vers un renforcement des accords internationaux de santé
Sur le plan diplomatique et institutionnel, cette crise sanitaire relance le débat sur la préparation mondiale face aux urgences sanitaires. À l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies prévue le 25 septembre, l’exécutif de l’Organisation mondiale de la santé a exhorté les États membres à adopter un projet de déclaration sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies.

Le monde reste insuffisamment préparé.
Le texte en discussion prévoit d’engager les pays à élargir la recherche et à diversifier la production géographique des vaccins et des traitements pour qu’ils soient accessibles dans les cent premiers jours d’une menace pandémique. Les négociations en cours à Genève incluent également l’adoption d’un système de partage des agents pathogènes et des avantages, ainsi qu’une application renforcée du Règlement sanitaire international pour garantir des alertes et des coordinations plus rapides entre les États.