Des études récentes indiquent que la fumée de feu de forêt génère des risques sanitaires accrus par rapport à d’autres sources de pollution atmosphérique. Les particules fines émises par ces incendies aggravent les hospitalisations cardiovasculaires et respiratoires et pèsent lourdement sur la survie des patients atteints d’un cancer du poumon.
Des risques de mortalité accrus pour les patients atteints d’un cancer du poumon
La recherche s’est penchée sur la relation entre l’exposition à long terme aux particules fines issues de la fumée de feu de forêt, désignées sous le terme de PM2.5, et le taux de survie des personnes âgées atteintes d’un cancer du poumon. Des chercheurs de la Icahn School of Medicine at Mount Sinai ont analysé les données de 414 016 personnes âgées de 65 ans et plus à l’aide de la base de données SEER-Medicare, comme le rapporte l’étude menée par Min Zhang et Yaguang Wei.
Les résultats démontrent que si les PM2.5 d’origine ignée ne représentent qu’environ 4% de l’exposition totale aux particules fines, elles pèsent pour approximativement 17% de la mortalité associée à cette exposition globale. Des augmentations équivalentes d’exposition à ces fumées se traduisent par une toxicité nettement supérieure à celle observée pour des polluants de même concentration provenant d’autres origines.
L’impact sur les hospitalisations cardiovasculaires et respiratoires aux États-Unis
Une seconde vaste étude s’est intéressée aux dossiers médicaux de résidents répartis dans 20 États américains entre 2006 et 2019. L’analyse a englobé plus de 57 millions d’hospitalisations pour des motifs cardiovasculaires et près de 33 millions pour des maladies pulmonaires, croisant ces données avec des modèles d’exposition à long terme.

L’exposition prolongée aux PM2.5 liées aux incendies de forêt s’associe à des hausses marquées des risques d’hospitalisation pour plusieurs pathologies graves, incluant l’insuffisance cardiaque, la cardiopathie ischémique, l’hypertension, l’asthme, la pneumonie et la bronchopneumopathie chronique obstructive. À des concentrations comparables, cette pollution spécifique entraîne des risques plus élevés que les particules issues de sources industrielles ou urbaines habituelles.
Une menace sanitaire exacerbée par des épisodes d’une ampleur inédite
Les incendies de forêt ne se limitent plus aux zones rurales et touchent des millions de personnes à travers l’Amérique du Nord, la fumée se propageant sur des centaines ou des milliers de kilomètres.

Ces épisodes intenses menacent les progrès réalisés en matière de qualité de l’air depuis l’adoption du Clean Air Act en 1970. Alors que les réglementations fédérales avaient permis de réduire durablement les émissions industrielles et de protéger la santé publique ainsi que les populations d’oiseaux, la fumée des feux de forêt ralentit et inverse en partie ces gains environnementaux.
Des populations plus vulnérables et des réquisitions scientifiques en cours
Les analyses mettent en lumière des disparités notables dans l’impact de ces fumées toxiques selon les communautés. Les chercheurs ont relevé des associations particulièrement fortes chez les populations issues de minorités raciales et ethniques, les résidents de zones métropolitaines ainsi que les habitants de régions caractérisées par un niveau d’éducation plus faible et une plus grande privation socio-économique.
Face à l’ampleur de la menace, les collaborations scientifiques s’organisent pour décrypter les mécanismes biologiques à l’œuvre. Une initiative de recherche sur dix ans rassemble de nombreux experts pour étudier les effets sur la santé publique, financée notamment par des chercheurs et de cardiologues tels que Susan Cheng de Cedars-Sinai. L’objectif est d’identifier les composants chimiques précis responsables de cette toxicité accrue afin d’améliorer la prévention.