L’intelligence artificielle mondiale présente des disparités linguistiques profondes, selon le rapport Goalkeepers 2026 de la Fondation Gates.
Les disparités linguistiques et l’hégémonie de l’anglais dans l’intelligence artificielle
Le développement de l’intelligence artificielle reproduit les fractures du monde numérique actuel. Selon le Goalkeepers Report 2026 de la Fondation Gates, publié le mardi 15 septembre, les premiers grands modèles de langage (LLM) ont été entraînés majoritairement à partir de données anglophones. Plus de 90 % des données utilisées provenaient de sources anglophones, marginalisant de fait les communautés qui auraient pourtant le plus besoin de ces technologies.
Cette domination linguistique crée un fossé grandissant d’efficacité. Les systèmes de reconnaissance vocale fonctionnent avec un taux d’erreur inférieur à 6 % en anglais, mais ce même système se trompe plus de 60 % du temps en yoruba. Les outils s’améliorent chaque mois pour le milliard d’utilisateurs principalement anglophones qui y accèdent déjà, tandis qu’ils restent inadaptés pour les sept autres milliards d’habitants de la planète.
L’urgence des données locales et de l’inclusion des dialectes
Pour inverser cette tendance et réduire les inégalités mondiales, le rapport insiste sur la nécessité de s’appuyer sur des données ancrées dans les réalités locales. Sur un continent comme l’Afrique qui compte plus de 2.000 langues, les outils technologiques doivent intégrer les dialectes, les accents et l’argot des populations.
Cette démarche exige des investissements dans des jeux de données linguistiques locaux et des évaluations adaptées. La collecte de données de terrain — qu’il s’agisse de dossiers médicaux, de rendements agricoles ou de tendances météorologiques — doit en outre être gérée et protégée par les pays eux-mêmes, qui décident des modalités de stockage et de partage.
L’ambition européenne pour une intelligence artificielle digne de confiance
L’intelligence artificielle est en train de bouleverser le mode de fonctionnement des entreprises, de remodeler les services publics et de révolutionner la science, transformant durablement le tissu économique.
L’institution européenne entend maintenir sa position parmi les chefs de file mondiaux en soutenant activement les start-up et les petites et moyennes entreprises. Cet effort s’accompagne d’une volonté politique affirmée : œuvrer à la mise en place d’une IA digne de confiance en Europe, capable de placer les citoyens au premier plan tout en protégeant les droits fondamentaux face aux transformations technologiques en cours.