Le groupe de médias Ringier Médias Suisse a annoncé la suppression de quatorze postes à Lausanne, dont six emplois de journalistes. Cette restructuration s’accompagne d’un rapprochement accru des rédactions de Suisse romande avec la Suisse alémanique, mutualisant infrastructures et technologies face à la baisse des revenus traditionnels de la presse.
Cette décision intervient après une première vague de suppressions de postes menée à l’échelle nationale en 2024, illustrant la pression financière persistante qui pèse sur l’industrie médiatique traditionnelle.
Restructuration à Lausanne et suppression de quatorze postes
Au total, quatorze postes sont supprimés à Lausanne, touchant directement six journalistes. Le groupe a indiqué que les collaborateurs concernés par ces licenciements bénéficieront d’un plan social ainsi que de mesures d’accompagnement adaptées à chaque situation individuelle.
La direction explique ce déséquilibre par la contraction continue des revenus publicitaires et de la presse écrite traditionnelle. Bien que les plateformes numériques — à l’instar de Blick Romandie, lancé en Suisse romande en 2021 — enregistrent une croissance notable, celle-ci ne suffit pas encore à compenser le recul des supports historiques, selon les précisions fournies par l’éditeur.
Mutualisation des rédactions romandes et alémaniques
Ringier Médias Suisse réorganise ses structures en favorisant une synergie plus étroite entre les deux régions linguistiques. L’entreprise mise sur des infrastructures techniques partagées pour accélérer l’échange de contenus et d’enquêtes d’un bout à l’autre du pays.
De son côté, Claude Ansermoz, co-directeur romand du groupe, a rappelé que l’objectif prioritaire demeure de garantir un journalisme ancré localement.
Départ de Thierry Vial à la tête du magazine PME
La réorganisation s’accompagne également d’un changement majeur à la direction du magazine économique PME. Thierry Vial quitte ses fonctions de rédacteur en chef après avoir dirigé le titre depuis 2015. Il a conduit la publication à s’imposer comme une voix majeure pour les petites et moyennes entreprises en Suisse romande.

Après douze années passionnantes à la tête de PME, je ressens le besoin de me lancer vers d’autres aventures professionnelles.Thierry Vial, ancien rédacteur en chef, cité dans le communiqué
Ringier a indiqué qu’une décision concernant sa succession serait annoncée dans les semaines à venir. Parallèlement, la ligne éditoriale du mensuel s’apprête à évoluer pour intégrer plus nettement les grandes tendances mondiales, telles que l’intelligence artificielle, le comportement des consommateurs et la santé, tout en maintenant sa parution mensuelle et en intensifiant les collaborations avec les autres titres économiques du groupe.
Une crise sectorielle plus large en Suisse romande
Cette coupe sombre chez Ringier s’inscrit dans un paysage médiatique romand fortement mouvementé. Le groupe avait déjà procédé à d’importantes réductions d’effectifs en 2024, tandis qu’en Suisse alémanique, l’éditeur a acté la fin de l’édition papier du SonntagsBlick au profit d’un nouveau format dominical.
D’autres acteurs majeurs de l’information traversent la même tempête structurelle. La RTS a récemment officialisé un plan d’économies prévoyant trente postes en moins, et le groupe Tamedia avait pour sa part annoncé l’an dernier la suppression des éditions papier du journal 20 Minutes ainsi que de nombreux postes, marquant là aussi un rapprochement forcé entre rédactions romandes et alémaniques.