Au deuxième trimestre de 2026, l’Union européenne a produit 54,1 % de son électricité à partir de sources renouvelables, selon les données d’Eurostat. Cette part marque une légère stagnation par rapport aux 54,3 % enregistrés un an plus tôt, révélant un ralentissement de la croissance du secteur vert malgré des avancées spectaculaires du solaire photovoltaïque.
L’électricité verte progresse à un rythme beaucoup plus mesuré qu’auparavant au sein du bloc communautaire.
Depuis le début de l’année 2025, cette proportion a fluctué entre un plancher de 41 % et un sommet dépassant légèrement les 56 %. La production renouvelable globale a progressé de 2,8 % sur un an, tandis que la production électrique totale a augmenté de 3,2 %. Dans le même temps, les centrales à gaz ont vu leur activité croître de 3,9 %.
Le solaire s’impose comme le premier moteur renouvelable
Derrière cette apparente stabilité globale, la composition du bouquet énergétique se transforme rapidement. L’énergie solaire a supplanté les autres sources pour devenir le principal contributeur à la production d’électricité propre dans l’Union européenne au printemps 2026.
Le photovoltaïque représente désormais 41,6 % de l’ensemble de la production renouvelable européenne, affichant une progression notable par rapport aux 37 % mesurés à la même période en 2025. L’agence Eurostat souligne même que le solaire s’est imposé comme la première source d’électricité en Europe au cours du mois de juin.
- L’éolien se positionne au deuxième rang avec 27,7 % de la production renouvelable.
- L’hydroélectricité arrive en troisième position, représentant 22,6 %.
- Les combustibles renouvelables atteignent 7,7 %.
- La géothermie et les autres sources marginales complètent le reste avec 0,4 %.
Cette expansion rapide du solaire et de l’éolien, amorcée au début de 2023 pour s’affranchir du gaz russe, a permis d’économiser des dizaines de milliards d’euros sur les importations de combustibles. Toutefois, la modération actuelle de la croissance s’explique en grande partie par le fait que de nombreux États membres opèrent déjà à partir de seuils de référence nettement plus élevés qu’auparavant.
Des disparités profondes entre les États membres
Les chiffres d’Eurostat retracent une fracture persistante entre les pays du continent en matière de production d’électricité propre. La Lettonie domine le classement européen en extrayant 97,7 % de son électricité de sources renouvelables, grâce à sa dépendance historique envers l’hydroélectricité de la rivière Daugava et au déploiement massif de panneaux solaires résidentiels.

Le Danemark suit de près avec 94,3 % de son électricité d’origine verte, largement tributaire de son avance historique dans l’énergie éolienne. La Croatie complète ce trio de tête en affichant 92,2 %, portée également par ses capacités hydrauliques. L’Autriche, l’Estonie, le Portugal et la Lituanie occupent également les échelons supérieurs de ce classement.
À l’autre bout du spectre, la Slovaquie ne tire que 19,8 % de son électricité des renouvelables, s’appuyant à environ 70 % sur l’énergie nucléaire. La Tchéquie voisine présente un profil similaire avec 20,9 %, privilégiant également le nucléaire et les combustibles fossiles, tandis que Malte enregistre 24,5 % selon les données sectorielles.
En volume absolu, les grands pays industriels restent les principaux producteurs d’énergie renouvelable. L’Allemagne arrive en tête avec 23 706 gigawattheures en avril 2026, suivie par la France avec 13 659 GWh, l’Espagne avec 12 336 GWh et l’Italie avec 12 030 GWh.
Le défi colossal de la consommation énergétique globale
Si la production d’électricité présente des résultats encourageants, la situation globale de la consommation d’énergie — qui intègre les secteurs du chauffage et des transports — témoigne de marges de progression encore immenses.
La Suède, la Finlande et le Danemark topent la liste des pays avec la plus forte part d’énergie verte dans la consommation totale d’énergie, mais d’autres pays sont considérablement derrière, notamment la Belgique, la Slovaquie et l’Irlande.

Pour combler ces écarts et atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, Bruxelles maintient un cap réglementaire très strict. L’Union européenne s’est fixé pour objectif de porter la part des renouvelables à 42,5 % de l’ensemble de sa consommation d’énergie d’ici 2030, avec une ambition rehaussée à 45 %.
Malgré la multiplication par près de trois de la part des énergies renouvelables depuis deux décennies, les observateurs s’inquiètent des obstacles structurels qui freinent le rythme actuel. Les goulets d’étranglement au niveau des infrastructures de réseau et les résistances politiques observées dans certains États membres menacent de compromettre le respect des échéances fixées pour la fin de la décennie.
Pour aller plus loin
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