À l’approche de la Deuxième réunion de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, les États membres de l’OMS ont progressé à Genève dans les négociations sur le système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages, un mécanisme clé pour affronter les futures pandémies.
La machine diplomatique internationale s’active autour de la sécurité sanitaire mondiale. Les États membres de l’Organisation mondiale de la santé ont achevé à Genève la huitième réunion du Groupe de travail intergouvernemental sur l’Accord de l’OMS sur les pandémies. Ces pourparlers de cinq jours se sont concentrés sur la proposition de Système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages, plus connu sous le sigle PABS.
Cette étape technique intervient alors que les dirigeants de la planète se tournent vers New York. Une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies, programmée pour le 25 septembre 2026, place la prévention et la riposte sanitaire au cœur des priorités politiques internationales.
Les enjeux de l’annexe PABS pour l’équité mondiale
L’annexe PABS constitue la pièce maîtresse de l’Accord de l’OMS sur les pandémies, adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé en 2025. Son objectif consiste à fluidifier le partage du matériel biologique et des données de séquençage dès qu’un agent pathogène à potentiel pandémique émerge, tout en garantissant une distribution juste des vaccins, des traitements et des outils de diagnostic.
Pour le Directeur général de l’OMS, l’urgence de boucler ce dossier ne fait aucun doute. Rappelant le lourd bilan de la crise sanitaire précédente, le responsable a insisté sur la nécessité de tenir les promesses faites aux populations.
« Après la pandémie de COVID-19, nous avons promis que le monde ne serait plus aussi vulnérable face à la prochaine pandémie qu’il l’a été lors de la dernière. »
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS
Du côté des Nations Unies, le constat partagé d’Antonio Guterres, dont le message a été lu par la Vice-Secrétaire générale Amina J. Mohammed, met en garde contre l’oubli des leçons passées. La résurgence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo illustre combien les menaces persistent. Les exigences du Secrétaire général reposent sur trois axes : résorber les déficits de financement, appliquer une approche globale reliant santé humaine, animale et environnementale, et pérenniser les investissements dans les structures de soins de proximité.
Le calendrier diplomatique et la ratification de l’Accord
Les avancées enregistrées à Genève tracent la voie pour les semaines à venir. L’ambassadeur Tovar da Silva Nunes, du Brésil, qui copréside le Bureau du Groupe de travail intergouvernemental, a souligné la volonté manifeste des délégations de s’accorder sur un système à la fois réaliste et applicable.
La finalisation de cette annexe débloquera le processus juridique indispensable. Une fois le texte scellé, les pays pourront signer formellement l’Accord sur les pandémies et engager leur procédure de ratification nationale.
Le Dr Ahmed Al Mandhari, représentant le Ministère de la santé d’Oman, a accédé à la vice-présidence du groupe de travail aux côtés de l’ambassadeur Vuyile Dlamini (Royaume d’Eswatini) et du Dr Viroj Tangcharoensathien (Royaume de Thaïlande).
Les leçons de la crise du Covid-19 face au futur
Le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, a insisté sur l’impératif de maintenir la mémoire des perturbations économiques et sociales vécues lors de la crise précédente. Selon l’analyse rétrospective de l’OMS, le choc sanitaire a provoqué plus de vingt millions de décès supplémentaires et englouti plus de dix mille milliards de dollars dans l’économie mondiale.

Malgré l’adoption d’amendements au Règlement sanitaire international et du cadre global de l’organisation, l’architecture internationale attend son achèvement définitif. Les autorités onusiennes rappellent que la préparation ne peut constituer une réaction de crise improvisée, mais doit s’enraciner durablement dans les politiques publiques quotidiennes.