Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, est attendu pour un dîner en tête-à-tête avec le président Donald Trump à la Maison-Blanche. Cette rencontre survient alors que l’entreprise fait face à une désignation de risque par le Pentagone et à des divergences marquées sur la régulation de l’intelligence artificielle.
La relation entre l’administration américaine et le secteur de l’intelligence artificielle connaît un nouveau tournant. Le patron de l’entreprise d’IA Anthropic, Dario Amodei, doit s’entretenir lors d’un dîner privé avec le président Donald Trump à la Maison-Blanche, selon plusieurs médias américains. Ce rendez-vous marque la première entrevue en face-à-face entre les deux hommes après des mois de tensions publiques et de désaccords réglementaires.
La décision de la cour d’appel fédérale et le blocage du Pentagone
L’invitation présidentielle intervient tout juste deux jours après un revers judiciaire majeur pour l’entreprise technologique. La Cour d’appel des États-Unis pour le circuit de DC a validé par un vote de 2 contre 1 la décision du Pentagone de classer Anthropic comme un « risque pour la chaîne d’approvisionnement » — une désignation qui interdit effectivement à l’entreprise de décrocher des contrats de défense. Cette qualification bloque de manière effective l’accès de l’entreprise aux contrats de défense fédéraux, après qu’un tribunal inférieur s’était auparavant rangé du côté d’Anthropic.

Les frictions avec l’institution militaire proviennent principalement du chatbot Claude et de restrictions éthiques imposées par l’entreprise. Anthropic s’était fait sanctionner par l’administration Trump après avoir refusé en février que ses outils servent à des armes entièrement autonomes ou à la surveillance de masse intérieure, marquant un désaccord plus large sur les termes des contrats liés aux capacités de surveillance. Un juge dissident a vivement contesté cette décision, affirmant qu’une entreprise appliquant ses propres restrictions éthiques ne devrait pas être une raison de mise sur liste noire, mais la majorité n’a pas été convaincue.
Divergences sur la sécurité et le rythme de l’intelligence artificielle
Au-delà du dossier militaire, les deux parties s’opposent sur la vision stratégique du secteur. Dario Amodei s’est associé à ce type de prudence, ayant notamment appelé le 12 septembre à « temporiser » le développement de l’IA face au risque de perte de contrôle de cette technologie, une position que l’administration a vertement critiquée. Donald Trump s’en est pris nommément à Dario Amodei, l’accusant de « faire semblant d’être un ’parfait petit ange’ », et une note d’un conseiller de Trump a qualifié Amodei de voix principale du « doomérisme » de l’IA.

Malgré les appels à ralentir le développement de l’IA qui se multiplient face au risque de perte de contrôle de cette technologie, le gouvernement américain estime que les principaux acteurs du secteur ne peuvent pas se permettre de ralentir, de peur que la Chine ne prenne l’avantage. Interrogé par la chaîne Fox News sur les multiples incidents de sécurité provoqués par des modèles d’IA avancés, le président a balayé ces craintes en déclarant : « Je ne m’en inquiète pas ». Un responsable de la Maison-Blanche a rappelé qu’« America will lead the world in Super Intelligence, while protecting American consumers ».
Malgré ces divergences, l’invitation à ce dîner privé trouve en partie son origine dans une absence remarquée. Dario Amodei était absent d’un dîner d’État offert au président chinois Xi Jinping en présence de la plupart des grands dirigeants américains de l’IA, dont Elon Musk, Tim Cook, son grand rival Sam Altman, et Jensen Huang, en raison d’un conflit d’horaire. Cet oubli protocolaire a incité la présidence à formuler une invitation distincte pour le dirigeant d’Anthropic.
Projets d’introduction en bourse et calendrier politique à Washington
Ce sommet intervient alors que l’entreprise poursuit sa trajectoire dans un contexte d’actualité chargé. Le président américain et le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, doivent recevoir mardi les principaux patrons américains de l’IA lors d’une réunion plus large consacrée aux responsabilités des entreprises pour garder l’IA sûre.

À lire aussi
- Occupation double Panamá: Des hommes armés pénèrent dans les résidences de téléréalité
- Des artistes québécois critiquent le discours de Paul St-Pierre Plamondon
- Cinq hommes arrêtés au Royaume-Uni près d’une base militaire utilisée par l’aviation américaine, Donald Trump affirme qu’ils voulaient causer de « gros dégâts » (lederniereheure.com)