Une cour d’appel fédérale américaine a suspendu in extremis l’exécution de Christa Pike dans le Tennessee, qui devait être la première femme mise à mort aux États-Unis depuis 2023 et la première dans cet État depuis plus de deux siècles.
La décision est tombée à Nashville à peine une heure avant l’injection létale programmée à dix heures du matin, heure locale. La juridiction n’a pas communiqué la durée exacte de cette suspension provisoire.
Les traumatismes d’enfance et le recours de la défense
Ce répit de dernière minute permet à la cour d’examiner la recevabilité d’un nouveau recours introduit par les avocats de la condamnée. La défense tente de faire valoir des circonstances atténuantes qui n’avaient pas été soulevées lors du procès initial en 1996.

Les experts médicaux ont posé un diagnostic tardif chez la détenue, désormais âgée de 50 ans. Elle souffre d’un trouble bipolaire et d’un syndrome de stress post-traumatique directement relié aux sévices de son enfance. Malgré ces éléments, le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, avait rejeté lundi les requêtes en commutation de peine, en dépit des interventions d’Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains.
Trente ans dans le couloir de la mort pour le meurtre de Colleen Slemmer
Christa Pike est incarcérée dans le couloir de la mort depuis trente et un ans. Elle a été reconnue coupable du meurtre au premier degré de Colleen Slemmer, une étudiante de 19 ans, commis en janvier 1995 à Knoxville. Les deux jeunes femmes étaient alors camarades au sein du programme de formation professionnelle Job Corps, et le crime avait été motivé par une rivalité amoureuse. Au moment des faits, la meurtrière n’avait que 18 ans.
L’affaire avait profondément marqué l’opinion par sa violence. Les deux complices adolescents de Christa Pike avaient échappé à la peine capitale : son petit ami de l’époque, âgé de 17 ans, avait écopé de la réclusion criminelle à perpétuité, tandis qu’une autre jeune fille de 18 ans avait obtenu une peine avec sursis en échange de son témoignage.
Le contexte national des exécutions capitales
Si l’exécution de Christa Pike venait à être confirmée par la suite, elle constituerait la première mise à mort d’une femme aux États-Unis depuis celle d’Amber McLaughlin dans le Missouri en 2023. Dans le Tennessee, aucune femme n’a subi la peine capitale depuis l’année 1820.
Les statistiques compilées par le Death Penalty Information Center démontrent qu’un total de 18 femmes ont été exécutées à travers le pays depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976, sur un total global d’exécutions selon le Death Penalty Information Center. La tendance récente montre une hausse du nombre de sentences appliquées, avec 47 exécutions recensées pour la seule année 2025.