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Détroit d’Ormuz : les exportations de pétrole du Golfe repartent à plus de 80 %

Près de 80 % du pétrole du Golfe circule à nouveau par le détroit d'Ormuz en septembre 2026.

D’après la société de services maritimes Huax, les principaux producteurs de la région ont exporté près de 13 millions de

Près de 80 % du pétrole du Golfe circule à nouveau par le détroit d’Ormuz en septembre 2026. Cette reprise des exportations, alimentée principalement par la Chine, fragilise l’emprise stratégique de l’Iran sur cette route maritime clé malgré des tensions persistantes et un suivi rendu complexe par des navires naviguant sans signal.

La situation dans le détroit d’Ormuz connaît un retournement remarquable en ce mois de septembre 2026. Alors que les prix à la pompe atteignent des sommets en France, les exportations de pétrole brut des pays du Golfe ont atteint plus de 80 % de leur niveau d’avant-guerre, selon les données de la société spécialisée Kpler. Ce flux grimpe même au-delà de ces niveaux si l’on exclut l’Iran, qui n’exporte plus aucun baril depuis le blocus américain instauré l’été dernier.

Les tactiques de contournement et la protection des convois

Pour déjouer la menace iranienne, les opérateurs maritimes et les forces internationales ont modifié leurs méthodes de navigation. Les pétroliers empruntent désormais le passage de nuit, en longeant discrètement les côtes omanaises. Ces navires progressent en file indienne par petits groupes de quatre à six unités, tout en coupant leurs équipements électroniques et systèmes d’identification automatique pour échapper aux radars de Téhéran.

Détroit d'Ormuz : les exportations de pétrole du Golfe repartent à plus de 80 %
Photo : libnanews.com

Ce sont souvent des convois de plusieurs navires, environ quatre à six navires, qui passent en gros à la queue leu leu. Donc évidemment, ils éteignent leur signal lorsqu’ils arrivent vers l’entrée du détroit. On sait désormais que tout le personnel doit aussi éteindre tout type d’appareils électroniques, que ce soit ordinateur, téléphone mobile…

Homayoun Falakshahi, responsable de l’analyse pétrolière chez Kpler, via Franceinfo

Cette discrétion opérationnelle s’accompagne d’un soutien militaire direct. Selon Kpler, une moyenne de six pétroliers franchit chaque jour le détroit sous escorte, bénéficiant principalement de la protection assurée par la marine américaine.

Le chiffre des exportations et la guerre des statistiques

Quantifier en temps réel ce trafic est devenu un exercice délicat, créant ce qu’une analyse qualifie de guerre des chiffres. L’administration américaine affiche des volumes ambitieux : le secrétaire à l’Énergie Chris Wright avance une moyenne d’environ 13 millions de barils par jour, avec des pics ponctuels dépassant 20 millions au cours de journées récentes, tandis que le président Donald Trump évoque des niveaux supérieurs à ceux d’avant le conflit. Les producteurs de la région envoient ainsi près de 13 millions de barils par jour depuis le début du mois, se basant sur une référence historique globale de 15 millions de barils par jour pour le seul détroit avant la crise.

Navires naviguant près du détroit d'Ormuz, au large de la côte orientale des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13
Photo : Franceinfo

Cependant, la société de services maritimes Huax évalue pour sa part les exportations régionales à environ 13 millions de barils par jour contre environ 19 millions avant la guerre, se basant sur une référence historique globale de 15 millions de barils par jour pour le seul détroit avant la crise. Le recours fréquent aux « navires fantômes », qui éteignent leurs balises avant d’être comptabilisés plus tard via des images satellites ou des données portuaires, introduit une marge d’incertitude qui rend chaque statistique quotidienne sujette à révision.

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Photo : l'Opinion

La redirection des flux vers les raffineurs asiatiques

Malgré la reprise des volumes et les records de prix constatés à la pompe en France, l’Europe ne profite pas de cette manne énergétique. Les barils qui sortent du Golfe prennent une autre direction géographique. L’emprise de l’Iran sur cette voie d’eau stratégique s’affaiblissant, les cargaisons sont acheminées en priorité vers l’Asie.

Ce basculement s’explique par un acheminement massif vers les marchés asiatiques traditionnels. C’est principalement parce que les raffineurs chinois se mettent à acheter en masse à nouveau, souligne l’analyste de Kpler, confirmant le retour en force de Pékin comme principal preneur du brut de la région.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.