La condamnée à mort Christa Pike a été transportée à l’hôpital après avoir survécu à une tentative d’exécution par injection létale au Riverbend Maximum Security Institution de Nashville, selon les déclarations de son avocat. L’ exécution avait été autorisée par la Cour suprême après un sursis temporaire de la cour d’appel fédérale.
Christa Pike, âgée de 50 ans, a été hospitalisée sous mesures de secours d’urgence après que deux doses de pentobarbital lui ont été administrées lors de sa tentative d’exécution au Riverbend Maximum Security Institution à Nashville, a rapporté son avocat à la BBC.
Son équipe juridique avait déposé une motion d’urgence en pleine tentative, signalant que la détenue avait perdu connaissance tout en conservant un rythme cardiaque et en ronflant de manière audible. Interrogé après la procédure, le Dr Joel Zivot, professeur à la faculté de médecine de l’Université Emory et spécialiste des injections létales, a indiqué qu’il est très probable que le niveau de pentobarbital dans le sang n’ait jamais atteint le seuil requis pour provoquer l’apnée et l’insuffisance cardiovasculaire.
Les batailles judiciaires de dernière minute à la Cour suprême
L’issue de cette tentative d’exécution fait suite à des décisions judiciaires serrées rendues le mercredi 30 septembre 2026. Le juge conservateur Brett Kavanaugh, de la Cour suprême des États-Unis, a validé une demande visant à annuler la suspension accordée quelques heures plus tôt par la sixième circonscription de la cour d’appel fédérale. Les trois juges libéraux de la haute juridiction, Sonia Sotomayor, Elena Kagan et Ketanji Brown Jackson, se sont opposés à cette décision.

Dans son opinion dissidente, la magistrate a souligné que cette mesure ouvrait la voie à l’exécution de Christa Pike avant que ses recours juridiques en suspens contre sa condamnation ne puissent être examinés de manière appropriée. Plus tôt dans la journée, la cour d’appel de la sixième circonscription avait brièvement interrompu la procédure afin de disposer de plus de temps pour analyser les arguments des avocats concernant les sévices subis par la détenue dans son enfance.
Le meurtre de Colleen Slemmer et la condamnation de 1996
Christa Pike a été reconnue coupable en 1996 pour le meurtre de Colleen Slemmer, commis l’année précédente dans une zone boisée de l’Université du Tennessee à Knoxville. À l’époque des faits, âgée de 18 ans, elle était la plus jeune détenue du couloir de la mort dans l’État selon le Tennessee Department of Corrections. Son complice de l’époque, Tadaryl Shipp, âgé de 17 ans au moment des faits, avait échappé à la peine capitale en raison de son âge et a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Dans une requête en grâce rejetée en début de semaine par le gouverneur Bill Lee, Christa Pike est revenue sur le crime en déclarant : J’étais une enfant de 18 ans malade mentale. Cela m’a pris de nombreuses années pour parvenir à réaliser la gravité de ce que j’avais fait. Mais surtout, il me faut accepter le nombre de vies que j’ai bouleversées. J’ai ôté la vie à l’enfant, à la sœur ou à l’amie de quelqu’un. J’en suis malade, aujourd’hui, de penser que j’ai été capable de commettre un tel crime.
Elle avait également confié par écrit au gouverneur qu’elle ne craignait pas la mort en soi mais qu’elle redoutait le déroulement de la procédure.
Les arguments sur la santé mentale et la situation des femmes dans le couloir de la mort
La défense de la condamnée avait insisté sur ses troubles bipolaires, son syndrome de stress post-traumatique et les traumatismes subis durant sa jeunesse, incluant de graves agressions sexuelles survenues à l’âge de 11 ans puis à 17 ans. Depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, seulement 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis, comparé à 1 663 hommes. Cela représente environ 1 % de toutes les exécutions nationales.

May Martinez, la mère de la victime Colleen Slemmer, avait exprimé auprès de l’Associated Press son souhait de voir la sentence s’accomplir après des décennies d’attente.