Des chercheurs de l’Université de Chicago ont développé un filtre de données basé sur l’intelligence artificielle pour le grand collisionneur de hadrons du CERN.
Un filtre d’intelligence artificielle pour le Grand Collisionner de Hadrons
Dans les profondeurs de la frontière franco-suisse, le collisionneur géant du CERN projette des protons à des vitesses phénoménales afin d’explorer les composants fondamentaux de la matière. Cet instrument génère un volume d’informations tel qu’il surpasse les capacités de stockage et de lecture disponibles. Face à ce défi, une équipe menée par des chercheurs de l’Université de Chicago a conçu un système de filtrage intelligent pour trier les informations en direct.
La structure de tri rapide s’appuie sur des seuils prédéfinis pour identifier les collisions dignes d’être conservées. Yuxin Chen, professeur adjoint et codirecteur du projet, a expliqué que le système de déclenchement décide en temps réel quelles collisions conserver et lesquelles jeter pour toujours, et qu’une collision rejetée disparaît pour de bon, selon le rapport de l’institution universitaire.
L’optimisation des décisions séquentielles face à la dérive des faisceaux
Les conditions au sein de l’accélérateur évoluent au fil du temps à mesure que l’intensité des faisceaux varie et que les paramètres de fond dérivent. Pour contrer cette instabilité, les scientifiques ont repensé le mécanisme de sélection en le transformant en une tâche de décision séquentielle. Cette approche permet au système d’analyser les conditions récentes pour comprendre la cause des variations plutôt que de se contenter d’y réagir.
David Miller, professeur au département de physique, a déclaré que prendre ces décisions correctement, souvent avec des informations incomplètes et des contraintes opérationnelles ahurissantes, peut faire la différence entre une découverte digne d’un prix Nobel et une journée de travail ordinaire.
L’équipe a développé une méthode spécifique nommée l’optimisation de politique filtrée par groupe. Cette technique évalue d’abord la sécurité des actions possibles avant d’opérer un choix, évitant ainsi d’altérer les performances de l’instrument en raison de limites physiques strictes.
La fin de la concertation publique et la fronde contre le futur collisionneur
Alors que l’optimisation technique progresse pour l’installation actuelle, l’avenir à plus long terme du laboratoire européen suscite des tensions politiques. La concertation publique portant sur le projet de Futur collisionneur circulaire s’est achevée avec une soirée de clôture à Uni Mail, marquant le terme de six mois d’échanges.
Cet exercice intense a rassemblé environ 2 000 personnes à travers une soixantaine d’événements organisés des deux côtés de la frontière, selon les données fournies par l’organisation. Le projet prévoit le creusement d’un tunnel de 91 kilomètres de circonférence dans le sous-sol de Genève et des départements français de l’Ain et de Haute-Savoie pour succéder au collisionneur actuel.
En réponse à cette démarche, les Verts genevois préparent une riposte politique sous la forme d’un texte qui sera dévoilé lors d’une conférence de presse. Cette initiative vise à donner l’opportunité à la population de s’exprimer directement sur la construction de ce nouvel anneau de particules.