Home Divertissement‘A collaboration of the senses’: Royal Ballet teams up with blind artist for new show | Royal Ballet

‘A collaboration of the senses’: Royal Ballet teams up with blind artist for new show | Royal Ballet

by Antoine Girard

Le Royal Ballet repousse les limites de l’accessibilité en intégrant des descriptions audio immersives à l’ensemble de ses représentations, dans le cadre d’une création inédite qui explore la perception au-delà de la vue. Cette collaboration novatrice, menée avec l’artiste aveugle Devon Healey et le compositeur Max Richter, sera présentée le 12 novembre, Journée mondiale du ballet.

Au cœur de ce projet ambitieux se trouve la volonté de démontrer comment le handicap et la cécité peuvent offrir une forme alternative de perception, enrichissant l’expérience artistique pour tous. Devon Healey, assistante professeure d’études sur le handicap à l’Université de Toronto, a développé une « description audio immersive » qui s’entrelace avec la musique, devenant un élément central de la performance scénique.

« La cécité et le fait d’être aveugle invitent à une relation dynamique avec le mouvement, qui est similaire à la relation d’un danseur professionnel avec son corps et le mouvement », explique Healey. Son approche vise à traduire en mots les sensations et les émotions que les danseurs ressentent physiquement, des aspects souvent inaccessibles par la seule vue.

La nouvelle chorégraphie est le fruit d’une collaboration entre Wayne McGregor, Tiler Peck, Bim Malcomson et Rebecca Myles Stewart. Robert Binet, le commissaire de cette création, souligne que la Journée mondiale du ballet a toujours été fondée sur le principe de l’accessibilité. « Après une décennie, nous repoussons ce concept plus loin en considérant comment les perspectives des personnes handicapées peuvent façonner notre art et inviter un public de tous horizons à vivre la danse d’une manière nouvelle », précise-t-il.

Un duo particulièrement poignant met en scène Leo Dixon, danseur du Royal Ballet, et Takashi Kikuchi, un danseur amateur malvoyant de naissance. Kikuchi, qui pensait initialement que le ballet était réservé aux personnes voyantes, a découvert que la danse « implique beaucoup de sensations et d’émotions » et fait appel à des sens au-delà de la vue. Il raconte : « J’avais l’impression que le soleil devait briller à l’ouest. Alors, si je me tournais vers le soleil, même si je ne voyais pas la lumière, je pouvais sentir la chaleur… J’ai continué à marcher vers l’ouest… Cela m’a ramené chez moi. Le soleil était une bonne aide. Le soleil pouvait être un bon symbole. L’histoire en est née. »

Bim Malcomson explique que cette expérience personnelle de Kikuchi, s’être perdu et s’être orienté grâce au soleil, a inspiré un duo dans lequel Dixon incarne « le souffle chaud du soleil autour de Kikuchi pendant qu’ils se déplacent ensemble ».

Selon Kevin O’Hare, directeur du Royal Ballet, cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à rendre l’opéra et le ballet « accessibles à tous », en encourageant des expériences transformatrices pour les artistes et le public. « Nous nous concentrons sur une accessibilité radicale », a-t-il déclaré.

La musique de Max Richter, qui a déjà accumulé plus de 3,5 milliards d’écoutes en streaming, contribue à créer une atmosphère sonore immersive. Healey souligne que les descriptions audio créent un lien entre la vue et l’absence de vue « à travers un paysage sonore, donnant une voix à ce qui ne se voit pas toujours ». Elle ajoute : « Ce n’est pas simplement une description d’une performance. C’est une performance en soi. »

Le Royal Ballet s’associe pour cette Journée mondiale du ballet avec le Ballet national du Canada et l’Australian Ballet, qui proposeront également des images des coulisses, des répétitions et des œuvres nouvellement commandées, diffusées en direct sur worldballetday.com.

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