Face à une escalade des tensions avec les États-Unis, le Venezuela mobilise sa milice populaire, une force civile créée il y a plus de quinze ans, pour défendre son territoire. Des milliers de citoyens, dont une part importante de personnes âgées, s’entraînent à l’usage d’armes en réponse à des opérations militaires américaines controversées dans les Caraïbes.
À retenir
- Le Venezuela a mobilisé sa milice populaire suite à des frappes américaines contre des navires soupçonnés de trafic de drogue.
- Les autorités vénézuéliennes dénoncent une « guerre non déclarée » de la part des États-Unis.
- L’entraînement de la milice, composée principalement de volontaires issus de milieux modestes, vise à renforcer la défense du territoire.
Contexte
En 2009, le président Hugo Chávez avait créé la milice bolivarienne nationale, une force civile destinée à compléter l’armée régulière dans la défense du Venezuela. À l’époque, Chávez avait déclaré : « Nous devons être un pays capable de défendre chaque dernier pouce de notre territoire, afin que personne ne vienne jouer avec nous. » Depuis, cette milice a surtout été utilisée pour des rassemblements politiques et des défilés.
La situation actuelle est née d’une série d’actions menées par les forces armées américaines contre des embarcations vénézuéliennes accusées de transporter de la drogue vers les États-Unis. Au moins trois bateaux ont été détruits, entraînant la mort d’au moins 17 personnes, selon les autorités vénézuéliennes. Le ministre de la Défense vénézuélien, Vladimir Padrino, a qualifié ces opérations de « guerre non déclarée ».
Le président Nicolás Maduro a immédiatement appelé la milice à l’action, ordonnant à l’armée vénézuélienne – les Forces armées bolivariennes nationales (FANB) – de former les milices locales. Cette mobilisation intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays, exacerbées par le retour de Donald Trump à la présidence américaine.
Ce qui change
Des exercices de formation ont été organisés dans plusieurs quartiers de Caracas, notamment à Petare et dans le quartier 23 de Enero, un bastion traditionnel du chavisme. Ces entraînements, supervisés par des soldats, consistent à familiariser les civils avec l’usage d’armes, notamment des fusils de fabrication russe. Des véhicules blindés ont également été déployés lors de ces exercices.
Edith Perales, 68 ans, membre de la milice depuis des années, prépare son uniforme et ses bottes, prête à défendre son quartier. « Nous devons défendre la patrie », affirme-t-elle, reprenant les paroles du président Maduro. D’autres volontaires, comme Francisco Ojeda, 69 ans, et Glady Rodríguez, 67 ans, expriment leur détermination à défendre le Venezuela, même au péril de leur vie.
L’administration Trump a également désigné le gang criminel vénézuélien Tren de Aragua comme organisation terroriste, justifiant ainsi l’expulsion de migrants vénézuéliens des États-Unis et les récentes actions militaires dans les Caraïbes. Washington a également doublé la récompense offerte pour des informations conduisant à la capture de Maduro, la portant à 50 millions de dollars (37,3 millions de livres sterling).
Prochaines étapes
Bien que les experts estiment que le déploiement naval américain dans les Caraïbes du sud n’est pas suffisant pour suggérer une invasion imminente, la situation reste fragile. Il faudra surveiller l’évolution des relations entre les États-Unis et le Venezuela, ainsi que les prochaines actions de l’administration Trump. La capacité de la milice à jouer un rôle effectif dans la défense du territoire reste également incertaine, compte tenu de son manque d’expérience et d’entraînement.
Maduro a affirmé que plus de 8,2 millions de civils sont enrôlés dans la milice et les réserves, un chiffre contesté par de nombreux observateurs.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de civils enrôlés (selon Maduro) | Plus de 8,2 millions |
| Récompense offerte pour la capture de Maduro | 50 millions de dollars (37,3 millions de livres sterling) |
Sources
Déclarations du ministre de la Défense vénézuélien, Vladimir Padrino.
Discours du président Nicolás Maduro.
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