Publié le 17 janvier 2026 22:02:00. Notre affinité pour le sucre est profondément ancrée dans notre évolution, mais sa disponibilité actuelle et notre mode de vie sédentaire en font un danger pour la santé. Une nouvelle étude révèle les mécanismes par lesquels le sucre affecte notre organisme et propose des pistes pour limiter ses effets néfastes.
- La consommation de sucre active le système de récompense du cerveau, libérant de la dopamine et créant une sensation de bien-être.
- Le glucose et le fructose, deux types de sucre courants, sont métabolisés différemment par l’organisme, avec des conséquences distinctes sur la santé.
- Contrairement à une idée reçue, le sucre ne procure pas une réelle « vague d’énergie » et peut même entraîner une baisse de régime et une augmentation de l’appétit.
Nous avons tous, à un moment donné, ressenti cette envie irrésistible de quelque chose de sucré. Cette préférence n’est pas le fruit du hasard : nos ancêtres ont évolué dans un environnement où les sources de sucre, comme le miel, étaient rares et précieuses, représentant une source d’énergie vitale. Aujourd’hui, le sucre est omniprésent, mais notre mode de vie, beaucoup plus sédentaire, ne permet plus de le dépenser efficacement. Cette combinaison conduit à une surconsommation aux conséquences potentiellement graves pour la santé.
Dès que la douceur touche notre langue, le corps réagit. « Lorsque nous goûtons du sucre, le cerveau le reconnaît immédiatement comme une source d’énergie rapide et active le système de récompense, libérant de la dopamine, le produit chimique du bien-être qui le rend si attrayant », explique Dawn Menning, diététiste collaborant avec l’application de santé Nutu.
La sensibilité au goût sucré n’est pas uniforme : des études indiquent que l’on observe environ 30 % de variation, en partie due à des facteurs génétiques. Cependant, au-delà de ces différences individuelles, la manière dont notre corps réagit au sucre dépend du type de sucre consommé. Le glucose, présent dans le sucre de table, la plupart des confiseries et des féculents, n’a pas les mêmes effets que le fructose, que l’on retrouve couramment dans les fruits et les jus.
« Le glucose stimule le pancréas à libérer de l’insuline, une hormone qui, pour simplifier, aide à éliminer le glucose du sang et à le stocker là où il est nécessaire. Il peut être stocké dans les muscles ou le foie sous forme de glycogène, ou converti en graisse », précise Sarah Berry, professeure de nutrition au King’s College de Londres et chercheuse principale à la société de nutrition et de science Zoe.
Le fructose, lui, ne provoque pas la libération d’insuline. « Il va directement au foie, où il peut être reconverti en glycogène ou, en cas de consommation excessive, transformé en graisse », ajoute Sarah Berry.
Quel que soit le type de sucre, une consommation excessive peut entraîner une augmentation des taux de triglycérides dans le sang. Ces graisses sont essentielles à l’énergie, mais des niveaux élevés augmentent le risque de maladies cardiaques, d’accident vasculaire cérébral et de pancréatite.
Le fructose est particulièrement problématique pour les personnes à risque de stéatose hépatique (foie gras), tandis que le glucose pose problème à celles qui ont des difficultés à réguler l’insuline. Ainsi, le sucre le plus nocif dépend de votre mode de vie et de vos prédispositions génétiques.
Des pics d’insuline trop importants et répétés peuvent favoriser l’inflammation chronique, ce qui, à terme, peut avoir des conséquences néfastes sur la santé.
Le mythe de la « vague d’énergie »
L’idée que le sucre procure une « vague d’énergie » est une illusion. Les études montrent que le sucre n’améliore ni le comportement ni l’humeur, et peut même être associé à une sensation de fatigue peu de temps après sa consommation. Même si l’agitation des enfants est souvent attribuée au sucre, le véritable problème survient après le pic d’insuline, lorsqu’une baisse d’énergie s’ensuit.
« Nos recherches montrent que lorsque les gens ressentent cette baisse d’énergie, ils ont plus faim et ont tendance à consommer 80 calories supplémentaires au repas suivant et 320 calories supplémentaires tout au long de la journée. Ainsi, un petit-déjeuner composé uniquement de glucides risque de provoquer cette baisse et de vous inciter à manger davantage plus tard », explique Sarah Berry.
Il est donc important de considérer non seulement la quantité de sucre consommée, mais aussi le moment et la manière dont il est consommé. La réponse glycémique (l’augmentation du taux de sucre dans le sang) est plus favorable le matin, lorsque l’organisme est plus sensible à l’insuline. De plus, le corps gère mieux le sucre lorsqu’il est intégré à un repas équilibré, comprenant des graisses saines et des protéines de qualité. L’idée de « lisser » complètement la réponse glycémique, promue par certains influenceurs, est d’ailleurs inutile : une augmentation de la glycémie est une réaction physiologique normale à un repas, à condition qu’elle ne soit pas excessive.
Les experts s’accordent à dire qu’il n’est pas nécessaire d’éliminer complètement le sucre de notre alimentation, mais qu’il est essentiel de le consommer avec modération, de préférence en fin de journée et accompagné de fibres, de graisses saines ou de protéines.
Pour ceux qui envisagent de remplacer le sucre par des édulcorants artificiels tels que la saccharine et le sucralose, les experts soulignent que ces substances peuvent affecter le microbiome buccal et intestinal, et que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre leurs effets à long terme sur la santé, notamment sur la tension artérielle, la résistance à l’insuline et le poids corporel.
CS
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