Publié le 8 novembre 2023. La nouvelle série télévisée russe « Chronique de la révolution russe », réalisée par le célèbre Andron Konchalovsky, suscite une vive controverse, non pas tant pour son sujet que pour sa représentation singulière de Lénine, dépeint comme un personnage mentalement instable et assoiffé de vengeance. Cette interprétation audacieuse, diffusée sur la chaîne publique, a provoqué l’indignation de nombreux nostalgiques de l’ère soviétique.
- La série, bien que critiquée pour son rythme lent et son jeu d’acteur inégal, offre une vision inédite de Lénine, loin des portraits habituels.
- La représentation de Lénine a déclenché une vague de critiques sur YouTube, principalement de la part de communistes et de sympathisants soviétiques.
- Le choix de ce sujet et cette approche sont interprétés comme une volonté du Kremlin, et plus particulièrement de Vladimir Poutine, de dénigrer la figure de Lénine.
L’affaire a débuté de manière rocambolesque, avec un scandale impliquant un homme porteur d’une chaussette pénienne, qui a été puni par une amende, une peine de prison et finalement enrôlé dans l’armée. Cet incident, rapidement éclipsé par d’autres controverses, a servi de prélude à la diffusion de « Chronique de la révolution russe », une production ambitieuse en seize épisodes dont seulement dix ont été diffusés à ce jour.
Le réalisateur, Andron Konchalovsky, 88 ans, est une figure emblématique du cinéma russe, issu d’une famille ayant toujours été proche du pouvoir, d’abord sous le régime soviétique, puis avec Gorbatchev et Eltsine, et aujourd’hui avec Poutine. Il est le frère d’Andron Nikita Mikhalkov, un autre réalisateur de renom, devenu un fervent propagandiste du Kremlin. La question qui se pose est donc de savoir si cette œuvre est une simple production artistique ou un outil de propagande déguisé.
Au-delà de la qualité artistique de la série, jugée médiocre par certains, c’est la représentation de Lénine qui a mis le feu aux poudres. Les vidéos YouTube, principalement alimentées par des communistes russes et des nostalgiques de l’Union soviétique, débordent de critiques acerbes à l’encontre de Konchalovsky et de l’acteur Eugène Tkachuk. Ils dénoncent une image de Lénine radicalement différente de celle à laquelle ils sont habitués.
Selon l’auteur de l’article, cette représentation de Lénine, dépeint comme un individu souffrant d’instabilité mentale, obsédé par la vengeance de son frère aîné Alexandre, correspond en réalité aux descriptions que l’on trouve dans les mémoires officielles et non officielles. Konchalovsky ne fait pas de concession et montre comment un personnage autiste, énergique et dépourvu de morale, parvient à fédérer autour de lui une foule en quête d’un chef.
La diffusion de cette série sur la chaîne de télévision publique russe peut sembler paradoxale. L’explication réside, selon l’auteur, dans la haine viscérale que porte Vladimir Poutine à Lénine, qu’il considère comme un traître à la Russie. Konchalovsky, conscient de cette aversion, a su proposer une interprétation qui correspond aux attentes du Kremlin.