Publié le 5 janvier 2024 à 06h07. Un jeune agriculteur breton de 22 ans a passé la saison des récoltes dans l’Australie-Méridionale, sur les terres que son père a exploitées il y a près de trente ans, découvrant un monde agricole à la fois familier et radicalement différent.
Tanguy Bodiguel, originaire de Bretagne, a récemment vécu une expérience agricole unique dans la péninsule de Yorke, en Australie-Méridionale. Cette opportunité lui a été offerte grâce à des amis et l’a conduit à renouer avec l’histoire familiale, son père, Stéphane Bodiguel, ayant lui-même travaillé dans cette région durant ses études.
« Mon père me parle beaucoup de l’Australie et de cette belle expérience qu’il a vécue », confie Tanguy. C’est donc naturellement qu’il a choisi cette destination lorsqu’il a eu l’occasion de voyager dans le pays.
Alors que ses amis exploraient Sydney, Tanguy a pris contact avec Jane Greenslade, l’agricultrice qui avait hébergé son père dans sa ferme près de Port Victoria. « J’ai vu Sydney, bien sûr, mais je voulais découvrir autre chose », explique-t-il. « Je préfère être ici, avec les Australiens, découvrir une nouvelle culture, une nouvelle vie. C’est très enrichissant pour moi. Je voulais découvrir un système différent, une culture différente. »
Cette année marque une transition pour Mme Greenslade, qui a délégué la gestion quotidienne de ses cultures et récoltes à Richard Way, un fermier local, qui a accueilli avec plaisir Tanguy Bodiguel.
Une agriculture à grande échelle
La ferme de Mme Greenslade, située près d’Urania, a immédiatement impressionné Tanguy par sa taille. « En France, c’est une bonne exploitation, mais je pense que pour l’Australie, c’est plutôt petit », observe-t-il. L’écart se fait également sentir au niveau du matériel agricole : les moissonneuses-batteuses australiennes, avec des largeurs de coupe d’environ 18 mètres, sont bien plus imposantes que celles auxquelles il est habitué en France, où elles atteignent rarement 7 ou 8 mètres.
Tanguy souligne une différence fondamentale dans l’approche agricole : en France, les agriculteurs font généralement appel à des entreprises spécialisées pour les récoltes. « Nous ne conduisons pas les moissonneuses », précise-t-il. « C’est une entreprise différente qui intervient dans toutes les fermes et coupe les céréales. Cela ne prend que trois ou quatre jours pour récolter une ferme entière. »
Jane Greenslade accueille régulièrement des agriculteurs français depuis des années et constate qu’ils sont souvent « stupéfaits » par l’ampleur des exploitations australiennes. « L’un d’eux aimait rouler très vite dans nos champs parce qu’ils sont vastes et qu’il n’a pas cette possibilité chez lui », raconte-t-elle avec un sourire. « J’ai donc dû lui apprendre très rapidement le mot français qui signifie « roule lentement » ! »
Malgré ces différences, Mme Greenslade estime que les secteurs agricoles d’Australie-Méridionale et de Bretagne présentent des similitudes. « La Bretagne est une région agricole très diversifiée, mais avec des exploitations plutôt petites », explique-t-elle. « L’Australie-Méridionale possède également une grande variété d’industries agricoles, mais nous sommes une région immense, tandis que la Bretagne est plus concentrée. »
Des amitiés qui transcendent les frontières
Mme Greenslade se souvient avec affection de Stéphane Bodiguel, l’un des premiers agriculteurs français qu’elle a accueillis. « Stéphane était formidable », se souvient-elle. « Il était venu avec son ami Mickael, ce qui était bien car Mickael parlait anglais et Stéphane pas du tout. » Elle ajoute que la barrière linguistique n’a pas entravé leur expérience.
« Stéphane était un jeune homme français charmant, très populaire auprès des filles du pub local », plaisante Mme Greenslade.
Même si elle ne récolte plus elle-même ses terres, Mme Greenslade reste passionnée par ces échanges. « Ils découvrent une autre culture, une autre langue, une politique légèrement différente, un paysage différent, un climat différent », explique-t-elle. « Je pense que tout cela contribue à élargir considérablement leurs horizons. Réaliser qu’il existe un monde beaucoup plus vaste et qu’il est important de prendre soin de ce monde, de prendre soin de soi et des autres habitants de ce monde. Cela construit des ponts. De nos jours, tout ce qui peut créer des ponts est précieux. »
À lire aussi
- Ukraine: des explosions à Kiev après une alerte aux missiles
- Vidéo : Espagne : Un vaste réseau de passeurs démantelé en Méditerranée
- Troy Williamson et Callum Simpson S’Affrontent pour Les Titres Britanniques (nouvelles-du-monde.com)
- Le Barça et le PSG entament les négociations autour du transfert attendu : une date possible pour conclure (lederniereheure.com)