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Le vice-président bolivien dit craindre pour sa vie et met en garde contre un projet d’arrestation du procureur général Roger Mariaca

Le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, a été arrêté à Santa Cruz dans la nuit du 30 septembre après la révocation de son visa par les États-Unis.

Le vice-président bolivien dit craindre pour sa vie et met en garde contre un projet d’arrestation

Le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, a été arrêté à Santa Cruz dans la nuit du 30 septembre après la révocation de son visa par les États-Unis.

La police bolivienne a interpellé Roger Mariaca à l’aéroport international Viru Viru de Santa Cruz. Une source du ministère de l’Intérieur a confirmé cette arrestation majeure qui a également visé Alberto Zevallos, procureur du département de Santa Cruz.

Treize autres personnes ont été arrêtées au cours de cette descente policière visant à démanteler un réseau criminel infiltré au sommet du système judiciaire. Les autorités ont précisé que l’intervention s’était appuyée sur des informations fournies par l’agence américaine antidrogue, la DEA. Les faits reprochés aux magistrats concernent le blanchiment d’argent et le trafic illicite de stupéfiants.

Le vice-président bolivien dit craindre pour sa vie et met en garde contre un projet d'arrestation du procureur général Roger
Photo : Lemonde

Les sanctions de Washington et la saisie de fonds à Santa Cruz

Cette descente de police survient seulement deux jours après que le département d’État américain a annulé les visas de Roger Mariaca et d’Alberto Zevallos. Les deux hommes figuraient sur une liste noire américaine regroupant une vingtaine de fonctionnaires et d’hommes d’affaires d’Amérique du Sud accusés de corruption ou de collusion avec des cartels.

Mariaca à Santa Cruz. À l’intérieur du véhicule, quatre personnes transportaient des liasses de billets en devises boliviennes et américaines. Le parquet a évalué cette somme à environ 3,53 millions de bolivianos, soit près de 294 000 dollars,auxquels s’ajoutaient 10 000 dollars en liquide. Quatre procureurs, six employés du parquet et les quatre occupants de l’ambulance ont été appréhendés.

La police perquisitionne à Sucre

La police a mené des perquisitions simultanées dans les bureaux du parquet général situés à Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie. L’institution a retransmis ces interventions en direct sur les réseaux sociaux. Des agents cagoulés ont fait irruption dans les locaux, provoquant une vive réaction des services de communication de l’organisme.

Bolivie: le procureur général arrêté, soupçonné par les États-Unis de liens avec les cartels
Photo : lefigaro.fr

« Nous dénonçons auprès de l’ensemble de la population bolivienne cette intervention qui se déroule de manière illégale. »

Claudia Pardo, responsable de la communication du Parquet

Mme Pardo figurait parmi les personnes interpellées peu après ces déclarations, avant d’être conduite dans les locaux de la Force spéciale de lutte contre le trafic de drogue. Face à la vacance de la tête du parquet, le fonctionnaire le plus ancien, Luis Montaño Morales, a brièvement tenté d’assurer l’intérim. Montaño de recherché par la justice, tandis que le Congrès s’apprête à tenir une session d’urgence pour désigner un nouveau procureur général.

Le vice-président Edmand Lara dénonce un danger

Le vice-président bolivien Edmand Lara a publiquement pris la parole pour exprimer de graves craintes pour sa sécurité personnelle. Il a affirmé qu’un projet d’arrestation fondé sur de fausses accusations était en préparation contre lui dans le cadre de la répression gouvernementale en cours.

Le vice-président bolivien dit craindre pour sa vie et met en garde contre un projet d'arrestation du procureur général Roger
Photo : Le Parisien

M. Lara a exhorté le Parlement, les procureurs et la communauté internationale à suivre de près sa situation, exigeant le strict respect des garanties d’une procédure régulière. Les autorités gouvernementales n’ont toutefois émis aucun mandat d’arrêt public ni formulé d’accusations officielles à l’encontre du vice-président.

L’affaire Sebastián Marset ressurgit

Les investigations menées par le gouvernement mettent en cause l’action passée du parquet, notamment lors de l’arrestation en 2023 du baron de la drogue uruguayen Sebastián Marset à Santa Cruz. À l’époque, M. Marset avait été interpellé avant d’être relâché et de voir ses biens restitués. Arrêté de nouveau en mars puis expulsé vers les États-Unis avec le concours de la DEA, le trafiquant avait affirmé dans des vidéos diffusées par la suite que Roger Mariaca était son ami et qu’il le protégeait, selon les déclarations du ministre de l’Intérieur à Radio Panamericana.

De son côté, M. Mariaca avait rejeté l’ensemble de ces accusations dès leur formulation par Washington, qualifiant les sanctions de manœuvre d’ingérence et de pression politique destinées à saboter ses enquêtes en cours.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.