Le président américain Donald Trump et le président iranien Masoud Pezeshkian ont signé électroniquement, mercredi 17 juin 2026, un mémorandum d’entente pour prolonger le cessez-le-feu et rouvrir le détroit d’Ormuz. Médié par le Pakistan, cet accord, baptisé « Mémorandum d’Islamabad », ouvre une période de négociations de 60 jours sur le programme nucléaire iranien et les sanctions américaines.
Les clauses du « Mémorandum d’entente d’Islamabad »
L’accord, entré en vigueur mercredi, met fin aux hostilités sur tous les fronts et impose la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Selon Al Jazeera, les États-Unis ont obtenu de Téhéran la réaffirmation de son engagement à ne pas développer d’arme nucléaire. En contrepartie, l’Iran bénéficiera de dérogations aux sanctions américaines concernant les exportations de pétrole brut, les produits pétroliers et les services bancaires associés.
Toutefois, Téhéran a fixé des lignes rouges strictes. Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a précisé que le programme de missiles de l’Iran ne ferait l’objet d’aucune négociation et que les stocks d’uranium hautement enrichi ne seraient pas expédiés à l’étranger. L’Iran prévoit également, avec Oman, d’instaurer un nouveau régime de gestion du détroit d’Ormuz où ils pourraient « facturer des frais pour les services » fournis dans la zone.
Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, pivot central de cette médiation, a souligné l’importance institutionnelle de l’accord :
« Le mémorandum a été signé par les honorables présidents des deux pays et a également été approuvé par moi en tant que médiateur. La signature de cet accord au plus haut titre des gouvernements respectifs démontre l’engagement des deux parties en faveur d’une résolution diplomatique du conflit. » Shehbaz Sharif, Premier ministre du Pakistan
Diplomatie de haute sécurité au Burgenstock Resort
La phase opérationnelle de l’accord débute ce vendredi en Suisse. Les représentants des États-Unis et de l’Iran, accompagnés des médiateurs pakistanais et qataris, se réunissent au Burgenstock Resort, près de Lucerne. Ce choix géographique n’est pas anodin : perché sur une montagne, le site permet un contrôle strict des accès et une sécurité maximale, loin des regards indiscrets de la presse.

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Cette approche contraste radicalement avec les négociations de 2013 à Genève, où les diplomates et les journalistes se côtoyaient dans les cafés de l’hôtel InterContinental. Le Burgenstock, qui a déjà accueilli un sommet sur l’Ukraine en 2024, symbolise une diplomatie de bunker, où chaque mouvement est surveillé par la police suisse et des hélicoptères militaires.
Bien que le vice-président JD Vance et le président du parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf aient été initialement pressentis pour une cérémonie de signature, le fait que les documents aient déjà été signés électroniquement pourrait réduire l’événement à une rencontre technique pour lancer les 59 jours de négociations restants.
L’onde de choc et le scepticisme en Israël
À Jérusalem, l’accueil est glacial. Si Benjamin Netanyahu a publiquement salué le fait que Washington se soit tenu « épaule contre épaule » avec Israël durant le conflit, les fissures internes sont béantes. Yair Lapid, chef de l’opposition, a dénoncé une crise majeure, affirmant que l’accord offre de l’argent aux Gardiens de la Révolution et laisse Israël « dans le couloir comme un enfant grondé ».
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L’analyse est encore plus sévère du côté des anciens conseillers. Mark Regev, ancien conseiller senior de Netanyahu, estime que la levée de la pression économique et militaire redonne vie au régime iranien sans garantie de sincérité sur le nucléaire.

« Les détroits sont ouverts et les Iraniens peuvent commencer à exporter leur pétrole, et donc ils reçoivent de l’argent, vous avez supprimé la pression économique. Peut-être que Trump obtiendra un excellent accord… mais pour le moment, je ne le vois pas. Je vois l’Amérique donner au régime iranien un retour à la vie. » Mark Regev, ancien conseiller senior de Benjamin Netanyahu
Cette tension politique intervient alors qu’Israël doit organiser des élections avant octobre. Le parti Likud aurait même commencé à modifier sa stratégie de campagne, abandonnant l’idée de mettre en avant les liens étroits entre Netanyahu et Donald Trump, dont la popularité s’effrite localement.
Fractures politiques aux États-Unis et soulagement européen
À Washington, Donald Trump a signé l’accord au palais de Versailles, admettant devant son audience que « ce n’était pas facile ». Cette concession a provoqué une scission au sein du Parti républicain. Certains élus dénoncent un gaspillage de milliards de dollars de fonds publics et une incapacité à restreindre réellement le programme nucléaire de Téhéran.
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À l’opposé, le sénateur Roger Marshall a qualifié le texte de « deal gagnant », le jugeant supérieur à l’accord négocié sous Barack Obama, dont Trump s’était retiré en 2018.
L’Europe, quant à elle, privilégie la stabilité économique. Emmanuel Macron et les dirigeants du G7 ont salué une « opportunité historique ». Pour Paris, la priorité est la fin de l’instabilité dans le détroit d’Ormuz, dont les perturbations avaient des conséquences directes et lourdes sur les économies européennes.
L’enjeu des 60 prochains jours réside désormais dans la capacité des deux puissances à transformer ce cessez-le-feu fragile en un traité durable. L’Iran a déjà prévenu qu’il surveillerait la conformité des États-Unis « sans aucune indulgence » et qu’il ne tiendrait pas ses engagements si Washington « se soustrait à ses obligations ».
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