Publié le 4 décembre 2025 à 10h27. Une campagne de vaccination ciblée a été lancée à Valenzuela City, aux Philippines, pour protéger les personnes âgées et lutter contre la menace croissante de la résistance aux antimicrobiens (RAM), un enjeu majeur de santé publique mondiale.
- La ville de Valenzuela, en partenariat avec l’École de médecine et de santé publique d’Ateneo, a lancé une initiative de vaccination pour les seniors.
- Cette campagne s’accompagne d’une sensibilisation à la RAM, visant à réduire l’utilisation inutile d’antibiotiques.
- Les experts soulignent la nécessité d’investissements accrus dans les infrastructures de vaccination pour une lutte efficace contre la RAM.
La résistance aux antimicrobiens, identifiée comme l’un des défis sanitaires les plus urgents du XXIe siècle, compromet l’efficacité des traitements contre des infections de plus en plus courantes. Lorsque les médicaments habituels ne fonctionnent plus, des antibiotiques plus puissants, et souvent plus coûteux, doivent être utilisés, exposant les populations vulnérables, comme les personnes âgées, à des risques accrus. La vaccination apparaît comme une stratégie préventive clé pour limiter la propagation de la RAM en réduisant l’incidence des infections respiratoires évitables, qui sont souvent traitées par des antibiotiques de manière inappropriée.
Environ 100 à 150 personnes âgées ont bénéficié de vaccinations de routine, administrées par les services de santé de Valenzuela City avec le soutien du Centre de recherche et d’innovation de l’École de médecine et de santé publique d’Ateneo (ACRI), ainsi que de partenaires internationaux tels que le Centre international pour les solutions de résistance aux antimicrobiens (ICARS) et l’Institut international des vaccins (IVI). Parallèlement à cette action de vaccination, une campagne d’information sur la RAM a été déployée dans les barangays (unités administratives locales), avec la distribution de supports imprimés et numériques destinés à sensibiliser le personnel soignant et le grand public.
Lors de son discours d’ouverture, le Dr Anthony Cu, responsable de la santé de la ville de Valenzuela, a mis en garde contre l’usage excessif des antibiotiques aux Philippines.
« Nous connaissons tous les antibiotiques. Ici, aux Philippines, nous les utilisons généreusement, et ce n’est pas censé être le cas car c’est précisément ainsi que se produit la résistance aux antimicrobiens. »
Dr Anthony Cu, responsable de la santé de la ville de Valenzuela
Il a insisté sur l’importance de suivre les prescriptions médicales, de terminer les traitements antibiotiques et, surtout, de prévenir les infections par la vaccination.
Le Dr Perci Lao, de l’ACRI, a souligné l’approche préventive de l’initiative.
« La Semaine philippine de sensibilisation aux antimicrobiens vise à sensibiliser à la résistance aux antimicrobiens. Nous savons que les vaccins peuvent prévenir les infections. Si nous pouvons prévenir les infections, nous pouvons réduire l’utilisation d’antibiotiques, réduisant ainsi le risque de résistance aux antimicrobiens. »
Dr Perci Lao, ACRI
Cependant, il a également mis en évidence un manque crucial : le besoin d’un accès plus large aux vaccins au sein des administrations locales.
L’événement a rassemblé des experts locaux et internationaux pour discuter des tendances actuelles de la RAM aux Philippines, des stratégies de gestion des antibiotiques et de l’intégration de la vaccination dans les politiques de santé publique. Le Dr Mabel de Leo, représentant l’ICARS, a rappelé la dimension mondiale du problème.
« Nous travaillons spécifiquement sur la résistance aux antimicrobiens, nous connaissons donc très bien ce concept. Mais pour nous, c’est un problème devenu mondial. Partout dans le monde, la RAM est un problème et nous devons l’aborder sous plusieurs angles. »
Dr Mabel de Leo, ICARS
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Advancing Vaccine Uptake to Mitigate Antimicrobien Resistance in LMICs of South and Southeast Asia », soutenu par l’ICARS et l’IVI. L’objectif est de démontrer l’efficacité de la vaccination pour réduire la RAM dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et de recueillir des données probantes pour une application à plus grande échelle. Si la campagne de vaccination à Valenzuela représente une avancée prometteuse, elle souligne également la nécessité d’investissements durables dans les infrastructures de santé, les chaînes d’approvisionnement en vaccins et la formation du personnel soignant pour transformer les connaissances en actions concrètes.
L’ACRI conclut :
« Prévenir les infections avant qu’elles ne surviennent est l’un des moyens les plus efficaces de ralentir la propagation de la résistance aux antimicrobiens. Le renforcement de la vaccination communautaire est une stratégie pratique et évolutive pour réduire l’utilisation évitable d’antibiotiques tout en protégeant la santé publique. »
ACRI
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