Publié le 16 novembre 2023. L’ancien dirigeant de PlayStation, Adam Boyes, appelle l’industrie du jeu vidéo à une introspection collective pour façonner un avenir plus positif, en mettant l’accent sur l’innovation indépendante et la résilience face aux défis de l’intelligence artificielle.
- Adam Boyes encourage les acteurs de l’industrie à imaginer des scénarios positifs pour 2030 et à travailler ensemble pour les réaliser.
- Il souligne l’évolution rapide du marché, notamment la croissance fulgurante des ventes numériques et la saturation de la plateforme Steam.
- Boyes insiste sur la nécessité d’une meilleure collaboration entre développeurs, éditeurs, plateformes et investisseurs.
Lors du DevGAMM Lisbonne, Adam Boyes, désormais à la tête du cabinet de conseil Vivarato, a présenté une approche novatrice pour anticiper l’avenir du jeu vidéo. Son atelier « Rally to Recover » invite les professionnels à projeter des titres d’actualité optimistes pour 2030, puis à identifier les actions nécessaires pour les concrétiser. L’objectif est de contrer le flux de nouvelles négatives qui domine actuellement le secteur.
« Nous voyons tellement de titres négatifs… Donc ce sur quoi nous voulons vraiment nous concentrer, ce sont les solutions », a-t-il déclaré. Cet exercice a notamment donné naissance à des perspectives telles que « Les petits développeurs sont désormais la nouvelle méga-méta » et « L’emploi dans l’industrie du jeu vidéo a atteint un niveau record, non affecté par l’IA ». Boyes explique que cette démarche vise à briser les cloisonnements traditionnels et à favoriser une compréhension mutuelle entre les différents acteurs de l’industrie.
« Nous ne pensons pas souvent comme les autres… C’est donc vraiment intéressant de voir l’équipe sortir des sentiers battus. », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de la diversité des points de vue.
L’ancien vice-président de PlayStation a également mis en perspective la transformation rapide du marché. Il a rappelé que lorsque son parcours chez PlayStation a débuté, les ventes numériques représentaient environ 15 % du total, contre 70 % à son départ. Il a pointé du doigt la prolifération des offres sur des plateformes comme Steam, qui propose aujourd’hui près de 18 000 produits chaque année, rendant la visibilité, la connectivité et l’accessibilité des jeux des enjeux cruciaux.
Si le développement indépendant était autrefois perçu comme un terrain d’opportunités, Boyes estime qu’il est devenu un espace saturé, où les plateformes doivent exercer une sélection plus rigoureuse.
Pour conclure, Boyes a lancé un défi simple aux participants : contacter un professionnel occupant un rôle différent du leur (développeur, éducateur, investisseur, éditeur) et engager une conversation de 30 minutes. Il est convaincu que cette démarche, si elle est adoptée à grande échelle, pourrait rapprocher l’industrie des titres d’actualité prometteurs qu’elle aspire à voir en 2030.
L’interview complète est disponible ici.