Publié le 6 novembre 2025. Lynne Ramsay signe avec Tue-toi, mon amour un drame psychologique troublant et viscéral, porté par une Jennifer Lawrence exceptionnelle, qui explore les abîmes de la maternité et du couple.
- Le film, adaptation du roman argentin d’Ariana Harwicz, suit une jeune femme confrontée à une crise intérieure profonde dans la campagne américaine.
- Jennifer Lawrence livre une performance intense et immersive, tandis que Robert Pattinson campe un mari en quête de sens.
- La mise en scène hypnotique de Lynne Ramsay, associée à une photographie soignée, crée une atmosphère oppressante et dérangeante.
Après avoir exploré les dynamiques familiales complexes dans Il faut qu’on parle de Kevin, la réalisatrice britannique Lynne Ramsay plonge ici dans les méandres de la psyché féminine. Tue-toi, mon amour (118 minutes) n’est pas une simple histoire de dépression post-partum, ni une critique du patriarcat, mais une exploration brute et sans concession de l’incertitude, de la frustration et du désespoir qui peuvent ronger une existence.
L’intrigue se déroule dans une maison isolée, au cœur de la campagne américaine. Grace (Jennifer Lawrence), une jeune écrivaine enceinte puis jeune mère, tente de s’adapter à sa nouvelle vie, loin de l’agitation urbaine. Son mari, Jackson (Robert Pattinson), un homme rêveur et désabusé, semble lui aussi perdu, hanté par le passé et incapable de trouver sa place. La maison, chargée d’une histoire trouble – l’ancien propriétaire, oncle de Jackson, serait mort dans des circonstances suspectes – devient le théâtre d’une lente désintégration.
Ramsay ne cherche pas à expliquer, à diagnostiquer, mais à ressentir. La caméra se fait observatrice impitoyable, suivant les mouvements de Grace, capturant ses regards perdus, ses gestes mécaniques. La mise en scène est rigoureuse, presque clinique, mais parvient à créer une atmosphère suffocante, où le moindre détail prend une importance démesurée. L’adaptation du livre d’Ariana Harwicz, une autrice argentin qui se distingue par sa résistance aux catégorisations littéraires, est traitée avec une sensibilité particulière. Son écriture, ancrée dans l’expérience intime de ses personnages, trouve un écho puissant à l’écran.
Au-delà de la performance remarquable de Jennifer Lawrence, qui se livre corps et âme à son rôle, le film se distingue par son montage elliptique, sa bande sonore minimaliste et sa photographie sombre et envoûtante. Des scènes troublantes, comme Grace rampant dans un champ avec un couteau ou se jetant à la piscine en sous-vêtements, témoignent d’une fragilité extrême et d’une perte de contrôle progressive. Ces moments, qui rappellent parfois l’œuvre de Gena Rowlands dans Une femme sous influence, interrogent les normes sociales et les attentes placées sur les femmes.
Tue-toi, mon amour ne propose pas de réponses faciles. Il s’agit d’un film dérangeant, qui laisse le spectateur face à ses propres questionnements. Un film qui explore la dimension la plus sombre de l’âme humaine, au-delà des conventions et des apparences.
Fiche technique :
- Titre original : Tue-toi, mon amour (Meurs mon amour aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada)
- Réalisation : Lynne Ramsay
- Scénario : Lynne Ramsay, Edna Walsh, Alice Birch (d’après le livre d’Ariana Harwicz)
- Photographie : Seamus McGarvey
- Montage : Adam Biskupski, Toni Froschhammer
- Avec : Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, Sissy Spacek, Lakeith Stanfield, Nick Nolte, Gabrielle Rose
- Distribution : BF Paris
La sortie du film est prévue en 2025. Aucune information concernant une classification par âge n’a été communiquée à ce jour.
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