Publié le 17 décembre 2024. Konami envisage un avenir pour la série Silent Hill qui s’éloigne de son cadre américain traditionnel pour explorer des cultures et des mythologies du monde entier, avec un intérêt particulier pour l’Amérique latine.
- Le succès de Silent Hill f, se déroulant au Japon dans les années 1960, a incité Konami à diversifier les lieux de ses prochains jeux.
- Le producteur de la franchise, Motoi Okamoto, confirme l’abandon progressif de l’état du Maine, aux États-Unis, au profit de cultures variées.
- L’Amérique latine, avec ses croyances chamaniques et son histoire politique tumultueuse, suscite un intérêt particulier chez Konami.
Après des années passées à se dérouler principalement dans la ville fictive de Silent Hill, située dans l’état du Maine, la franchise Silent Hill pourrait connaître un changement de cap radical. Le succès critique et commercial de Silent Hill f, un survival horror acclamé par les joueurs et ayant dépassé le million d’exemplaires vendus en seulement 24 heures, a ouvert de nouvelles perspectives pour Konami.
Dans une interview exclusive accordée à Inverse, Motoi Okamoto, producteur de la franchise, a révélé que l’avenir de Silent Hill passera par une exploration de cultures du monde entier. Konami semble donc prêt à abandonner l’ambiance américaine qui a longtemps caractérisé la série.
L’intérêt de Konami ne se limite pas à l’Asie et à l’Europe. L’Amérique latine, en particulier, attire l’attention des équipes de développement. Okamoto explique son intérêt pour cette région :
« Nous pensons que nous pourrions peut-être adopter des approches similaires avec d’autres cultures à travers le monde. Par exemple, en Amérique centrale ou en Amérique du Sud, nous pourrions nous appuyer sur des croyances chamaniques plus locales et voir comment elles s’intègrent. »
Le producteur souligne l’attrait des croyances chamaniques locales et leur lien avec l’histoire politique de la région, marquée par des régimes militaires et des coups d’État. Il estime que ces thèmes, associés à une culture de « machisme et de bravade », pourraient être parfaitement explorés à travers l’horreur psychologique propre à Silent Hill. Il poursuit :
« Nous pensons que nous pourrions peut-être adopter des approches similaires avec d’autres cultures à travers le monde… Nous pourrions aussi élargir les horizons et regardez d’autres régions comme la Russie, l’Italie ou la Corée du Sud parce qu’ils ont tous des systèmes de croyances uniques. »
Konami ambitionne de démontrer que l’horreur psychologique de la saga est universelle et ne dépend pas d’un lieu spécifique. Okamoto évoque même la recherche d’un « réalisme magique », inspiré par des œuvres littéraires telles que Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez ou les écrits de Mariana Enríquez.
Cependant, un obstacle majeur se présente : le manque de studios de développement en Amérique latine capables de gérer une licence aussi importante que Silent Hill. Selon Konami, il est difficile de transposer les richesses culturelles de la région en un jeu vidéo sans l’expertise nécessaire.
Dans l’immédiat, les fans peuvent s’attendre à la sortie de Silent Hill: Townfall, un spin-off narratif qui devrait marquer le début d’une série d’anthologies, permettant à différents studios d’apporter leur propre vision à l’univers Silent Hill. Parallèlement, Konami collabore à nouveau avec Bloober Team pour le remake du premier Silent Hill, dont le succès pourrait ouvrir la voie à de nouvelles remakes de la saga.
Pour en savoir plus sur Silent Hill f, consultez cet article. Et pour découvrir comment la véritable terreur de Silent Hill f s’inspire d’un concept ancestral, lisez cette analyse.