Les assistants médicaux (AM) sont au cœur d’une transformation rapide du système de santé américain, adoptant massivement l’intelligence artificielle tout en réclamant une meilleure reconnaissance de leur rôle et une formation plus adaptée. Une enquête récente révèle un besoin urgent de modernisation de la formation et de clarification des responsabilités pour soutenir cette profession essentielle.
L’étude, menée par Wolters Kluwer, met en lumière un paradoxe frappant : 56 % des AM utilisent déjà l’IA dans leur pratique quotidienne, notamment pour la documentation (61 %) et les notes des patients (48 %). Cependant, 87 % d’entre eux estiment avoir besoin d’une formation plus approfondie dans ce domaine, et seulement 32 % disposent de directives claires concernant une utilisation sécurisée de ces outils. Cette situation crée un risque de recours à des solutions non approuvées, les cliniciens cherchant à alléger leur charge de travail sans le soutien institutionnel nécessaire.
« Il s’agit d’un appel clair à l’action pour les administrateurs d’hôpitaux : formaliser la formation en IA ou risquer une responsabilité non gérée », souligne l’enquête.
Parallèlement à cette révolution technologique, la question du titre professionnel des AM est de plus en plus débattue. 45 % des AM préféreraient le titre de « médecin associé » afin de mieux refléter leur niveau d’expertise et leur autonomie, que 96 % d’entre eux affirment posséder dans leurs fonctions. Seulement 43 % pensent que les patients comprennent réellement leur rôle au sein de l’équipe soignante.
Cette demande de changement de titre, déjà adoptée par l’AAPA, vise à dépasser l’image d’un simple assistant et à reconnaître la collaboration active des AM avec les médecins. Si certains États, comme l’Oregon, ont déjà pris des mesures en ce sens, l’ensemble du secteur reste en phase de transition.
L’enquête révèle également un décalage entre la formation théorique et la réalité du terrain. Bien que 96 % des AM se sentent préparés à interagir avec les patients après l’obtention de leur diplôme, 62 % souhaiteraient bénéficier d’une expérience clinique plus pratique pendant leurs études. Seulement 80 % se sentaient prêts à faire face à la lourdeur administrative de leur travail.
Cette « lacune administrative » explique en partie l’adoption rapide des outils de documentation basés sur l’IA, que les nouveaux AM considèrent comme une nécessité pour survivre dans un système submergé par la paperasse.
Malgré ces défis, le moral des AM reste élevé : 97 % d’entre eux se disent satisfaits de leur capacité à exercer pleinement leur profession. Les données suggèrent une main-d’œuvre résiliente, désireuse d’évoluer et prête à adopter les nouvelles technologies, à condition d’être soutenue et reconnue à sa juste valeur.
Pour 2026, la priorité pour les responsables du secteur de la santé est claire : investir dans la formation technologique, clarifier les rôles et donner aux AM les moyens de mener à bien leur mission.
La profession d’assistant médical est en pleine croissance, avec une prévision d’augmentation de près de 30 % au cours de la prochaine décennie, soit environ 12 000 nouveaux postes par an, pour répondre aux besoins croissants en matière de soins de santé, notamment dans les zones rurales et urbaines.
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