Un an après le tragique assassinat du PDG d’UnitedHealth, Aetna annonce des avancées concrètes pour simplifier l’accès aux soins pour ses 27 millions d’adhérents. L’assureur, filiale de CVS, s’engage à réduire les contraintes administratives pour les médecins et à accélérer les procédures d’autorisation préalable, une source fréquente de frustration pour les patients et les professionnels de santé.
Aetna a mis en place de nouveaux forfaits d’autorisation préalable regroupant plusieurs prescriptions et procédures médicales pour un seul examen. Cette simplification vise à alléger la charge administrative des médecins, notamment dans le traitement des affections musculo-squelettiques (radiographies, chirurgies du genou, certains médicaments) et pour les patients atteints de cancers du poumon, du sein ou de la prostate (demandes multiples d’IRM ou de tomodensitométrie). L’entreprise prévoit d’étendre cette approche à d’autres pathologies, en particulier dans le domaine de l’oncologie.
Par ailleurs, Aetna a étendu son programme de collaboration clinique (ACC), qui déploie des infirmières de l’assureur directement dans les hôpitaux. Leur rôle est d’accompagner les patients dans leur transition vers le domicile ou d’autres établissements de soins, facilitant ainsi la continuité des soins. Le programme est désormais opérationnel dans 17 hôpitaux et suscite un intérêt croissant auprès des professionnels de santé, selon Aetna.
L’assureur investit également dans l’intelligence artificielle générative, intégrée à son application Aetna Health, ainsi que dans d’autres améliorations technologiques pour optimiser le traitement des demandes de remboursement et l’expérience client.
Ces initiatives interviennent dans un contexte de vives critiques à l’égard des processus d’autorisation préalable, souvent perçus comme un obstacle à l’accès aux soins. Suite au meurtre de Brian Thompson, plusieurs assureurs américains se sont engagés en juin dernier à réduire le nombre de demandes soumises à autorisation préalable et à simplifier les procédures. Cependant, ces engagements sont volontaires et manquent de mécanismes de contrôle indépendants, ce qui suscite un certain scepticisme parmi les médecins et les patients.
Des associations médicales rappellent que des engagements similaires avaient été pris en 2018, sans résultats significatifs à ce jour. De nombreux médecins estiment que les exigences en matière d’autorisation préalable se sont même accrues ces dernières années, complexifiant davantage leur travail et retardant potentiellement la prise en charge des patients.
