Publié le 8 janvier 2026 à 15h22. Le Bureau du procureur général indonésien (AGO) a intensifié son enquête sur des allégations de corruption entourant la délivrance de permis d’exploitation minière de nickel dans le nord de Konawe, en Sulawesi du Sud-Est, avec une visite d’enquêteurs au ministère des Forêts.
- L’enquête porte sur des pertes potentielles pour l’État estimées à 2 700 milliards de roupies (environ 160 millions d’euros).
- Les enquêteurs recherchent des preuves liées à une affaire précédemment classée par la Commission d’éradication de la corruption (KPK).
- Le ministère des Forêts a précisé qu’il s’agissait d’un échange de données et non d’une perquisition.
L’enquête, menée par la Direction des crimes spéciaux du Bureau du procureur général adjoint pour les crimes spéciaux (Jampidsus), s’intéresse de près à la délivrance de permis d’exploitation minière de nickel dans le nord de Konawe. Selon une source au sein de Jampidsus, les enquêteurs cherchent à reconstituer le dossier, initialement enquêté par la KPK avant d’être clos par un arrêt de l’enquête (SP3).
« Nous recherchons d’anciennes preuves liées à l’affaire North Konawe », a confié la source à Republika.
L’affaire remonte à plusieurs années et implique des accusations selon lesquelles un ancien responsable de la région a accordé des permis à au moins 17 sociétés de nickel. Des irrégularités ont été constatées, notamment des chevauchements de concessions minières et des empiètements sur des zones forestières protégées. L’Agence de surveillance des finances et du développement (BPKP) a été sollicitée pour évaluer l’ampleur des pertes financières subies par l’État.
Le ministère des Forêts a réagi à la visite des enquêteurs en affirmant qu’il s’agissait d’une simple demande de rapprochement de données concernant l’évolution de la destination des zones forestières, en particulier des forêts protégées dans différentes régions. Dans un communiqué officiel, le ministère a souligné que cette vérification portait sur des décisions passées et n’affectait pas l’administration actuelle.
« Cette activité consistait en un rapprochement de données, et non en une perquisition, et s’est déroulée sans heurts, de manière ordonnée et coopérative. »
Ministère des Forêts
Le porte-parole de l’AGO, Anang Supriatna, chef du Centre d’information et de droit (Kapuspenkum), a indiqué n’avoir pas encore reçu de rapport officiel de l’équipe Jampidsus concernant les actions menées au ministère des Forêts. Il a promis une communication officielle dès que les informations seraient confirmées.
L’AGO avait officiellement annoncé le 31 décembre 2025 le lancement de l’enquête sur les allégations de corruption liées à la délivrance des permis d’extraction de nickel dans le nord de Konawe. L’enquête avait été initiée en août-septembre 2025.
L’affaire avait initialement été traitée par la KPK, qui avait désigné Aswad Sulaiman, alors régent du nord de Konawe, comme suspect en octobre 2017. La KPK avait alors estimé qu’Aswad avait accordé des permis à 17 sociétés minières de nickel en une seule journée, certaines concessions chevauchant des zones légalement attribuées à la société minière d’État PT Aneka Tambang (Antam). Selon la KPK, Aswad aurait reçu 13 milliards de roupies de paiements illicites, tandis que les pertes pour l’État étaient estimées à 2 700 milliards de roupies. Une arrestation était prévue en septembre 2023, mais a été annulée pour des raisons de santé. En décembre 2024, la KPK a émis un SP3, une décision qui n’a été rendue publique qu’en décembre 2025.
Le ministère des Forêts a salué les efforts de l’AGO pour renforcer la gouvernance forestière, soulignant l’importance d’une coordination étroite entre les ministères et les organismes chargés de l’application de la loi pour garantir une gestion transparente, équitable et durable des ressources forestières indonésiennes.
Montage par Reiner Simanjuntak
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