Publié le 5 novembre 2025 à 12h01. Le défenseur américain de football américain Aidan Hutchinson, dont l’arrière-grand-père était tessinois, a signé un contrat record avec les Detroit Lions, devenant ainsi l’athlète suisse le mieux payé de l’histoire.
- Aidan Hutchinson a signé un contrat de quatre saisons avec les Detroit Lions, lui garantissant au moins 28,5 millions de francs suisses par an.
- Ce contrat fait de lui l’athlète d’origine suisse le mieux rémunéré de tous les temps, dépassant Roger Federer, Granit Xhaka et Roman Josi.
- Hutchinson arbore le drapeau suisse sur son casque de NFL, un geste rare autorisé par la ligue en raison de ses racines familiales.
Detroit, Michigan. Un nom qui évoque pour les amateurs de sport suisse des souvenirs glorieux : c’est dans cette ville que Georges Bregy a marqué le premier but de la Suisse en Coupe du monde depuis 28 ans, en 1994. Quelques jours plus tard, la Nati y battait la Roumanie 4 à 1, une victoire historique. Récemment, un autre chapitre de l’histoire sportive helvétique s’est écrit à Allen Park, dans la banlieue de Detroit, lorsque le défenseur Aidan Hutchinson a officialisé son nouveau contrat avec les Detroit Lions.
Le contrat de quatre saisons signé par Hutchinson est colossal : au moins 28,5 millions de francs suisses par an (environ 29,5 millions de dollars américains). Un montant qui pourrait même atteindre 32,5 millions de francs suisses avec les primes de performance. Un record absolu pour un athlète originaire de Suisse, surpassant largement les gains de figures emblématiques comme Roger Federer, Granit Xhaka et Roman Josi.
Mais qui est Aidan Hutchinson ? Et quel est le lien avec la Suisse ? Pour les non-initiés au football américain, ce nom ne dira probablement rien. Pourtant, dans les veines de ce colosse de 200 cm pour 120 kg coule du sang helvétique. Son arrière-grand-père, Giuseppe Bernardi, a quitté le village tessinois de Medeglia, perché sur le Monteceneri, à la fin des années 1930 pour s’installer à Detroit, la capitale de l’industrie automobile américaine.
Giuseppe, devenu Joseph aux États-Unis, a servi pendant la Seconde Guerre mondiale dans une unité spéciale américaine en Birmanie, alors occupée par le Japon. Il a été l’un des rares survivants de cette unité et a reçu la « Congressional Gold Medal », une haute distinction américaine. Un héritage dont Hutchinson est fier, comme il l’a confié lors d’une interview à la chaîne CBS il y a deux ans :
« C’est un héros. Il venait de Suisse et a marqué le monde. C’était un patriarche fort. »
Aidan Hutchinson
Les Hutchinson n’ont jamais oublié leurs racines. Aidan a visité la Suisse avec ses parents, Chris et Melissa, et ses sœurs, Mia et Aria. Ses parents y retournent régulièrement. En août dernier, il a même eu un appel vidéo avec Manuel Akanji, joueur de la Nati, organisé par les Detroit Lions et diffusé sur les réseaux sociaux. Les deux défenseurs ont discuté de la Suisse et de leurs positions sur le terrain. Hutchinson a ensuite dédicacé un maillot des Lions à Akanji.
L’attachement d’Hutchinson à la Suisse se manifeste également de manière visible : il arbore le drapeau suisse sur son casque de NFL, aux côtés du drapeau américain. Un geste exceptionnel, car la ligue n’autorise ce type d’affichage que si le joueur peut prouver un lien familial direct et un attachement fort au pays concerné.
Avec ses 115 millions de francs suisses sur quatre ans – un montant qui pourrait atteindre 145 millions avec les primes – Aidan Hutchinson devient l’athlète suisse le mieux payé de tous les temps. Pour mettre les choses en perspective, même la somme des salaires annuels de Roger Federer, Granit Xhaka et Roman Josi ne correspond pas à ses revenus annuels. Xhaka a récemment signé à Sunderland, en Premier League anglaise, pour un salaire annuel de 5 millions de francs suisses. Josi perçoit 7,2 millions de francs par an chez les Nashville Predators, en NHL. Federer, quant à lui, a gagné 13 millions de francs de prize money en 2017, sa saison la plus lucrative.
Le contrat signé par Hutchinson avec les Detroit Lions est également un record à l’échelle de la NFL. En 105 ans d’existence, la ligue sportive la plus riche du monde n’avait vu de tels montants que pour les « quarterbacks », les maîtres du jeu et superstars de la discipline. Grâce à ses « sacks », ses « forced fumbles » et ses « pressures on quarterbacks » – des termes méconnus du grand public en Suisse – un sportif que peu de gens connaissent est devenu l’athlète suisse le mieux rémunéré de tous les temps.
Adaptation en français : Yoann Graber
