Publié le 13 janvier 2026 à 15h14. L’Argentine fait face à une recrudescence inquiétante des cas de hantavirus, avec un nombre de contaminations dépassant les seuils d’alerte et un taux de mortalité élevé, particulièrement chez les adultes d’âge moyen. Les autorités sanitaires intensifient la surveillance et recommandent la prudence face à ce virus transmis par les rongeurs.
- Le nombre de cas de hantavirus en Argentine a atteint 52 au cours du second semestre 2025, un chiffre supérieur aux saisons précédentes.
- Au total, 86 cas ont été confirmés en 2025, entraînant 28 décès, soit un taux de mortalité de 33,6 %.
- La région centrale du pays (Buenos Aires, Santa Fe et Entre Ríos) est particulièrement touchée par une épidémie de hantavirus.
L’Argentine connaît une augmentation significative des cas de hantavirus, suscitant l’inquiétude des autorités sanitaires. Le nombre de cas signalés entre juillet et décembre 2025 a dépassé les seuils d’alerte définis par le Ministère National de la Santé, avec 52 infections recensées durant cette période. Ce chiffre dépasse les records des années précédentes et a conduit à un renforcement de la surveillance épidémiologique dans plusieurs provinces.
En 2025, un total de 86 cas de hantavirus ont été confirmés à l’échelle nationale, entraînant malheureusement 28 décès. Ce bilan représente un taux de mortalité de 33,6 %, un chiffre préoccupant qui souligne la gravité de cette infection virale. Le Bulletin épidémiologique national (BEN) indique que la période la plus à risque se situe entre septembre et avril, coïncidant avec la période d’activité maximale du virus.
La région centrale du pays – qui comprend les provinces de Buenos Aires, Santa Fe et Entre Ríos – est actuellement en situation épidémique. Récemment, le décès d’une fillette de 10 ans dans le parti de Général Belgrano, dans la province de Buenos Aires, a déclenché le protocole d’urgence. D’autres décès ont été enregistrés à Mar del Plata, San Andrés de Giles et Chacabuco, selon les rapports municipaux et le Système intégré d’information sanitaire argentin (SISA).
Le nord-ouest argentin (Salta et Jujuy) maintient un niveau de cas conforme aux données historiques, tandis que la région du Sud signale des infections dans les forêts de Patagonie. Au sein de la région centrale, la plus forte concentration de cas a été identifiée dans le delta et les îles du Paraná, ainsi que dans les zones humides de Samborombón.
Le hantavirus est une zoonose virale émergente, transmise par les rongeurs sauvages, notamment par inhalation d’aérosols contaminés par des particules virales présentes dans leurs excréments, leur urine ou leur salive. La forme clinique la plus courante est le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus, qui se manifeste par de la fièvre, des troubles digestifs, une détresse respiratoire et une hypotension.
Selon le Ministère de la Santé, le taux de mortalité le plus élevé est observé chez les personnes âgées de 50 à 59 ans, avec 75 %. Le décès d’un jeune patient de moins de 10 ans et d’un adolescent de 14 ans à San Andrés de Giles soulignent la vulnérabilité de toutes les tranches d’âge. L’épidémiologiste Teresa Strella, de la Société argentine d’infectiologie (ISAD), a déclaré :
« L’hantavirus représente un problème majeur de santé publique. C’est une maladie rare, mais avec un taux de mortalité élevé. »
Teresa Strella, Société argentine d’infectiologie (ISAD)
Les experts et le BEN soulignent que le taux de mortalité élevé pourrait être lié à une sous-déclaration des cas bénins, ce qui fausse les statistiques en surreprésentant les formes graves de la maladie. Le ministère de la Santé a mis l’accent sur l’importance de la surveillance épidémiologique, de la détection précoce et de la réponse rapide, en particulier entre septembre et avril.
Le retard dans la consultation médicale, l’accès limité aux soins de santé et la difficulté à suspecter le diagnostic dans les zones non endémiques constituent des obstacles supplémentaires au contrôle de l’infection. L’expansion territoriale de la maladie est liée au contact humain avec les rongeurs en milieu rural et sauvage, ainsi qu’à la dispersion des réservoirs viraux dans différentes provinces.
Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique contre l’hantavirus en Argentine. Les autorités sanitaires recommandent d’éviter tout contact avec les rongeurs et leurs excréments, de sceller hermétiquement les accès aux habitations, d’aérer les locaux fermés pendant au moins 30 minutes avant le nettoyage, de porter un masque N95 dans les zones à risque et de désinfecter les sols et les surfaces avec de l’hypochlorite de sodium. Le ministère de la Santé a mis à jour les protocoles de surveillance et de réponse aux épidémies, en insistant sur l’hospitalisation immédiate en cas de suspicion clinique et sur l’enregistrement des antécédents épidémiologiques pertinents.
Les autorités sanitaires affirment que la surveillance de l’hantavirus restera une priorité dans les prochains mois, en raison de la saisonnalité et de la complexité clinique et épidémiologique de cette infection.