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alerte que le robot Figure 02 a la force de fracturer un crâne

by Amélie Bernard

Publié le 30 novembre 2025 à 12h26. L’ancien responsable sécurité de la société Figure AI accuse l’entreprise d’avoir ignoré des avertissements concernant la puissance potentiellement dangereuse de ses robots humanoïdes, révélant une tension croissante entre innovation rapide et impératifs de sécurité dans le domaine de la robotique.

  • L’ancien responsable sécurité de Figure AI, Robert Gruendel, a déposé une plainte alléguant que le robot Figure 02 est capable de générer une force suffisante pour fracturer le crâne d’un adulte.
  • Gruendel affirme que des tests internes ont montré que le robot a endommagé un réfrigérateur lors d’un impact, et que ses avertissements ont été minimisés par la direction.
  • Figure AI rejette ces accusations, affirmant que le licenciement de Gruendel est lié à de mauvaises performances et que la sécurité est une priorité dans le développement de ses robots.

La course aux robots humanoïdes s’accélère, portée par les avancées de l’intelligence artificielle et de la mobilité autonome. L’entreprise californienne Figure AI s’est rapidement imposée comme un acteur majeur de cette révolution technologique, avec une feuille de route ambitieuse visant à déployer des robots capables d’assister les humains dans leurs tâches quotidiennes. Cependant, une plainte déposée par son ancien responsable sécurité met en lumière des préoccupations majeures concernant la sécurité de ces machines.

Le 21 novembre 2025, Robert Gruendel a déposé une plainte fédérale en Californie, accusant Figure AI d’avoir délibérément ignoré des avertissements concernant la puissance du modèle Figure 02. Selon Gruendel, ce robot humanoïde est capable de générer une force considérable, suffisante pour causer des blessures graves, voire mortelles, en cas d’impact direct. Il relate qu’un robot Figure 02 a accidentellement heurté un réfrigérateur lors de tests internes, l’endommageant significativement. Il estime qu’un tel impact sur un être humain aurait pu avoir des conséquences tragiques.

Gruendel affirme également que le PDG de Figure AI, Brett Adcock, et l’ingénieur en chef Kyle Edelberg ont minimisé ces risques, même après avoir levé plusieurs millions de dollars de financement. Il soutient que la direction a même supprimé des éléments de sécurité essentiels, comme un bouton d’arrêt d’urgence, jugé inesthétique. Il interprète ces actions comme une tentative potentiellement frauduleuse de masquer les dangers de la technologie aux investisseurs.

Peu après avoir exprimé ses préoccupations, Gruendel a été licencié. Il considère ce licenciement comme une représaille, tandis que Figure AI justifie cette décision par de prétendues mauvaises performances professionnelles. Au-delà de ce conflit personnel, la plainte soulève une question fondamentale : un robot domestique apparemment inoffensif peut-il réellement exécuter des mouvements avec une force mortelle ?

Ce que révèle la plainte

La plainte de Gruendel dénonce l’absence de procédures de sécurité formelles, de rapports d’incidents ou d’évaluations des risques spécifiques au sein de Figure AI. L’entreprise ne disposait que d’un seul agent de sécurité externe, un prestataire sans expérience en robotique. Selon Gruendel, la direction tolérait les défaillances et a supprimé des contrôles de sécurité essentiels, comme le fameux bouton d’arrêt d’urgence, pour des raisons purement esthétiques. Il accuse également la direction d’avoir modifié le plan de sécurité avant de le présenter aux investisseurs, ce qu’il considère comme une pratique potentiellement frauduleuse.

La réponse de Figure AI

Figure AI rejette catégoriquement les accusations de Robert Gruendel, les qualifiant de « fausses ». L’entreprise assure qu’elle se défendra « fermement » devant les tribunaux et affirme que le licenciement de Gruendel est lié à ses performances professionnelles et non à ses avertissements de sécurité. Dans ses déclarations, Figure AI insiste sur le fait que son équipe travaille selon des normes rigoureuses et que la sécurité est intégrée à la conception de chacun de ses modèles. L’entreprise estime que le plaignant présente une image déformée du processus de développement du robot Figure 02.

Figure AI se défend en soulignant qu’elle est engagée dans un processus d’innovation accéléré, mais nie catégoriquement avoir supprimé des contrôles essentiels ou ignoré délibérément les risques liés à ses robots. Pour l’entreprise, cette plainte est une tentative de discréditer son travail à un moment de forte visibilité médiatique.

Un débat urgent sur la sécurité des humanoïdes

Figure AI prévoit de déployer des dizaines de milliers de ses modèles, dont le Figure 03, encore plus avancé, dans des environnements réels au cours des prochaines années. Cette affaire révèle les risques d’une adoption rapide des humanoïdes sans un cadre de surveillance externe clair. Pour déplacer des objets, manipuler des charges et fonctionner avec précision, ces robots nécessitent des moteurs puissants… et cette même puissance peut constituer un danger en cas de dysfonctionnement ou si la conception ne prévoit pas de freins et de commandes redondants.

Le cas du Figure 02 illustre cette tension entre innovation et sécurité. Si un robot conçu pour cohabiter avec les humains peut, dans certaines circonstances, générer une force suffisante pour causer des blessures graves, la discussion sur les réglementations, les audits et les responsabilités devient inévitable. L’industrie évolue rapidement, mais la législation et les protocoles de sécurité sont encore en retard.

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