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Bulle de l’IA : risque systémique pour les marchés mondiaux

by Amélie Bernard
La bulle de l'IA : deux risques simultanés

La bulle de l’IA, un risque systémique pour les marchés mondiaux, inquiète les autorités financières. Selon un rapport de la Banque des règlements internationaux (BIS), l’éclatement de cette bulle pourrait déclencher une récession mondiale, avec des investissements colossaux en jeu. Les géants de la tech, comme Microsoft, Google, Oracle, Meta et Amazon, ont injecté plus de 1 000 milliards de dollars dans l’IA en 2025 et 2026, dépassant leurs bénéfices et leurs flux de trésorerie, selon Science et vie.

La BIS, basée à Bâle, agit comme la « banque des banques centrales ». Son rôle est de surveiller la stabilité financière mondiale et de coordonner les politiques monétaires. Lorsqu’elle identifie un risque systémique, cela signifie qu’une défaillance dans un secteur spécifique — ici l’intelligence artificielle — pourrait se propager à l’ensemble du système financier, entraînant un effet domino sur les banques, les fonds de pension et les économies nationales.

La bulle de l’IA : deux risques simultanés

Les experts identifient deux types de bulles liées à l’IA. La première, liée à la valorisation boursière, se concentre sur les entreprises comme OpenAI et Anthropic, dont les introductions en Bourse devraient atteindre des capitalisations de 1 trillion de dollars. Ce phénomène est porté par l’optimisme des investisseurs quant à la productivité future de l’IA générative, poussant les cours des actions bien au-delà de leur valeur fondamentale basée sur les revenus actuels.

La seconde, plus inquiétante, concerne la bulle de crédit, où les emprunts massifs et les structures financières complexes risquent de provoquer une cascade de défauts, comme le rappelle Les blogs du Diplo. Contrairement à une bulle boursière où les actionnaires perdent leur capital, une bulle de crédit implique des dettes contractées auprès d’institutions financières. « Les bulles de crédit, quand elles crèvent, propagent des défauts en cascade », écrit l’article, soulignant le danger d’une crise financière globale. Si les entreprises ne parviennent pas à monétiser l’IA pour rembourser leurs emprunts, les créanciers pourraient se retrouver face à des pertes massives, gelant ainsi le crédit pour le reste de l’économie.

Le rapport de la BIS et les risques systémiques

Le rapport annuel 2026 de la BIS met en garde contre l’effondrement de la bulle de l’IA, comparant cette frénésie à des épisodes historiques comme la manie des canaux ou la bulle internet de 2000. Dans ces précédents, l’innovation technologique était réelle, mais le rythme des investissements a largement dépassé la capacité des entreprises à générer des profits immédiats. « Les montants engagés dépassent les bénéfices réels, et certains géants s’endettent lourdement », précise Science et vie.

Le rapport de la BIS et les risques systémiques

La BIS recommande une surveillance accrue des acteurs financiers non bancaires, souvent appelés « shadow banking » (finance de l’ombre). Ces entités, qui gèrent des volumes de capitaux immenses sans être soumises aux mêmes règles de fonds propres que les banques commerciales, sont fortement exposées aux actifs technologiques. Le rapport souligne que la technologie elle-même n’est pas la cause, mais le décalage entre les promesses de croissance exponentielle et les rendements réels observés dans les bilans comptables.

Les avertissements de David Houdek sur les bénéfices artificiels

David Houdek, gérant du fonds Acatis Small Diamonds, alerte sur une « bulle de bénéfices » dans le secteur de l’IA et des semi-conducteurs. « Les chiffres d’affaires existent, mais les bénéfices sont parfois artificiellement gonflés », explique-t-il dans boursedirect.fr. Ce phénomène peut survenir lorsque des entreprises investissent massivement dans des infrastructures d’IA qui sont comptabilisées de manière à masquer les coûts opérationnels réels ou à surestimer la valeur des actifs immatériels.

La vérité sur la bulle de l'IA et les risques pour l'économie mondiale

Il cite l’exemple d’Allbirds, dont le cours a explosé après une simple annonce liée à l’IA, illustrant les risques de spéculations incontrôlées où le marché réagit à des mots-clés plutôt qu’à des modèles économiques viables. « Les fonds à gestion active ne devraient pas prendre de tels risques », ajoute-t-il, en référence aux règles réglementaires. Houdek souligne ici la différence entre la gestion passive, qui suit des indices et achète mécaniquement les plus grosses capitalisations, et la gestion active, qui doit analyser la qualité réelle des bénéfices pour protéger le capital des investisseurs.

Les conséquences possibles et les leçons du passé

Historiquement, les bulles technologiques ont toujours fini par éclater, entraînant des récessions. La BIS rappelle que l’IA, bien qu’innovante, ne fait pas exception. Le risque majeur réside dans la concentration excessive des indices boursiers mondiaux. Des indices comme le S&P 500 ou le Nasdaq 100 sont aujourd’hui dominés par une poignée de géants technologiques. Si ces titres s’effondrent, c’est l’ensemble du marché qui chute, même pour les investisseurs qui ne détenaient pas directement d’actions IA.

Les conséquences possibles et les leçons du passé
Photo: boursedirect.fr

Cette vulnérabilité s’étend aux marchés asiatiques, notamment via le Kospi-100 en Corée du Sud, très dépendant des fabricants de puces comme Samsung et SK Hynix, essentiels à la production de mémoires HBM (High Bandwidth Memory) pour l’IA. « La croissance est vertigineuse, mais les bénéfices ne sont pas moins dangereux », prévient boursedirect.fr. Les investisseurs sont invités à diversifier leurs portefeuilles et à éviter la concentration excessive, notamment dans les indices MSCI. « La prudence reste de mise », conclut le rapport de la BIS.

Les fonds à gestion active offrent une alternative aux investisseurs cherchant à éviter les risques associés aux marchés volatils en sélectionnant des actifs basés sur des fondamentaux solides plutôt que sur la tendance spéculative du moment.

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