Publié le 7 octobre 2025 à 15h36. L’Allemagne et l’Italie s’alignent pour demander une révision de l’interdiction européenne des ventes de voitures neuves à moteur thermique prévue en 2035, plaidant pour que les véhicules fonctionnant aux carburants renouvelables restent autorisés après cette date.
- Berlin et Rome souhaitent éviter des « sanctions disproportionnées » pour les constructeurs automobiles qui ne pourraient pas respecter le calendrier de décarbonation fixé par l’Union européenne.
- Les deux pays insistent sur la nécessité de reconnaître les véhicules à faibles et zéro émissions, au-delà des véhicules électriques à batterie, et de valoriser l’utilisation de carburants renouvelables.
- Cette initiative conjointe révèle des tensions au sein du gouvernement allemand, où le ministre de l’Environnement défend toujours l’objectif de 2035.
L’Allemagne et l’Italie ont conjointement adressé un mémo à la Commission européenne pour demander une modification de la législation européenne sur les émissions de CO2 des voitures neuves. Ce document, dont Euractiv a eu connaissance, souligne la nécessité de maintenir l’accès au marché européen pour les véhicules propulsés par des carburants renouvelables après 2035.
Cette démarche marque une intensification de la pression sur Bruxelles et une coordination accrue entre Berlin et Rome, qui exprimaient jusqu’à présent des réserves nationales parallèles. Le mémo suggère que l’Allemagne pourrait se rapprocher de la position de l’Italie, qui souhaite autoriser la vente de voitures neuves fonctionnant aux biocarburants au-delà de 2035.
Dans leur communication, les deux pays insistent sur la nécessité d’éviter des pénalités excessives pour les constructeurs automobiles qui ne parviendraient pas à respecter les objectifs de réduction des émissions. Ils plaident également pour une reconnaissance plus large des technologies alternatives aux véhicules électriques à batterie, telles que les véhicules hybrides rechargeables, les véhicules électriques à autonomie étendue et les piles à combustible.
L’Allemagne avait déjà obtenu une dérogation lui permettant de continuer à autoriser les voitures fonctionnant avec des « carburants neutres en carbone », une appellation généralement associée aux carburants synthétiques (e-fuels) produits à partir de carbone et d’hydrogène capturés. Cette nouvelle initiative semble élargir le champ des possibles aux biocarburants, malgré les questions de durabilité souvent soulevées concernant leur production à partir de cultures ou de déchets de biomasse.
Outre la révision de la législation sur les émissions, Berlin et Rome demandent un déploiement plus rapide des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et de ravitaillement en hydrogène, ainsi qu’une réduction des coûts réglementaires pour l’industrie automobile. Ils proposent notamment d’harmoniser les systèmes de recharge publics à travers l’Union européenne, à l’image de l’itinérance mobile qui permet aux utilisateurs de téléphones portables de voyager sans surcoût.
Le ministre italien des Entreprises, Adolfo Urso, a salué cette initiative comme un tournant pour l’industrie européenne.
« Nous indiquons conjointement la voie vers une transition verte qui est vraiment durable d’un point de vue environnemental, social et économique, surmontant les contraintes idéologiques de l’Accord vert. »
Adolfo Urso, ministre italien des Entreprises
Cependant, cette position commune ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement allemand. Le ministre de l’Environnement, Carsten Schneider, a réaffirmé son soutien à l’objectif de 2035 dans un entretien accordé au journal allemand Die Zeit.
(CZ, RH)
