Publié le 27 octobre 2025 12h00. Le Secrétaire général des Nations unies a souligné l’importance cruciale de l’ASEAN dans un monde en mutation, appelant à une action concertée sur la paix, le développement durable, le climat et la transformation numérique lors de son discours devant l’organisation.
- L’ONU réaffirme son soutien à l’ASEAN pour la mise en œuvre du consensus en cinq points concernant le Myanmar et appelle à un cessez-le-feu immédiat.
- Un appel est lancé pour une réforme de l’architecture financière internationale afin de mieux représenter les pays en développement, notamment ceux de l’ASEAN.
- La nécessité d’une action climatique ambitieuse est soulignée en vue de la COP30, avec un accent sur l’adaptation, l’atténuation et la justice climatique.
S’adressant aux dirigeants de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), le Secrétaire général de l’ONU a salué le rôle de l’organisation en tant que pilier de la coopération régionale et partenaire stratégique des Nations unies. Il a remercié le Président et le Premier ministre Ibrahim pour leur accueil et leur leadership au sein de l’ASEAN cette année, soulignant l’importance de l’adhésion prochaine du Timor-Leste.
Le Secrétaire général a mis en avant quatre domaines clés de partenariat entre l’ONU et l’ASEAN. Concernant la paix et la prévention, il a félicité la Malaisie pour son rôle de médiateur dans le règlement du différend frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande. Il a également exprimé sa profonde préoccupation face à la situation au Myanmar, où des milliers de personnes ont perdu la vie et des millions ont été déplacées. Il a fermement condamné les violences et exhorté toutes les parties à mettre fin aux combats, à protéger les civils et à permettre un accès humanitaire sans entrave. Il a insisté sur la nécessité de libérer les personnes détenues arbitrairement, y compris les dirigeants démocratiquement élus, et a averti que toute élection dans le contexte actuel risquerait d’aggraver l’exclusion et l’instabilité.
En matière de développement durable et de justice financière, le Secrétaire général a souligné les inégalités croissantes et l’endettement des pays. Il a plaidé pour une réforme de l’architecture financière internationale, afin de donner une plus grande voix aux pays en développement, notamment ceux de l’ASEAN, qui sont actuellement sous-représentés au sein des institutions financières mondiales.
Sur le front du climat, il a insisté sur l’importance de la Conférence des Parties 30 (COP30) qui doit se tenir au Brésil, pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré Celsius et assurer la justice climatique. Il a rappelé que les pays de l’ASEAN sont particulièrement vulnérables aux inondations, aux sécheresses, à la montée des eaux et à la brume, qui menacent leur sécurité alimentaire, leur santé et leur stabilité économique. Il a appelé à des contributions nationales déterminées pour réduire les émissions et accélérer la transition vers les énergies renouvelables.
Enfin, le Secrétaire général a souligné le potentiel de l’intelligence artificielle pour accélérer le développement et l’inclusion, tout en insistant sur la nécessité d’une gouvernance responsable de cette technologie. Il a annoncé le lancement de deux initiatives de l’ONU : un groupe scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle et un dialogue mondial annuel sur la gouvernance de l’IA. Il a également souligné l’urgence de lutter contre la criminalité transnationale organisée, en particulier le cybertrafic et les centres d’escroquerie, et a assuré du soutien continu de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Le Secrétaire général a conclu en réaffirmant l’engagement de l’ONU à être un partenaire fiable de l’ASEAN, et en soulignant que la coopération est le moteur le plus puissant de la paix et du progrès, en Asie du Sud-Est et au-delà.