C’est à Villeurbanne, dans la métropole lyonnaise, que bat le cœur de l’électronique ferroviaire d’Alstom. Le site, qui emploie 1 300 personnes, conçoit et fabrique les systèmes qui assurent le fonctionnement des trains, tramways et métros, de la signalisation à la traction.
L’usine d’Alstom à Villeurbanne est un acteur clé pour l’ensemble des projets de la multinationale. Implantée depuis plus de 50 ans, elle a vu l’implantation d’Epsilon il y a dix ans, un site dédié aux systèmes et produits électroniques ferroviaires. « Nous disposons de la taille critique nécessaire pour le maintien des compétences, notamment pour les produits conçus il y a plus de 40 ans », explique Christian Roth, directeur du site. L’établissement assure ainsi l’intégralité du cycle de vie des produits, du développement à la maintenance, en passant par la validation, l’industrialisation et la logistique.
Au cœur de l’usine, un atelier de 3 000 m² est dédié à la fabrication et à la réparation des cartes électroniques. Plus de 40 000 cartes et 10 000 systèmes intégrés y sont produits chaque année. Damien Autran, responsable de l’atelier, précise que « chaque carte comprend environ un millier de composants, venus essentiellement d’Asie ». Ces composants sont soudés grâce à un four multizones, puis soumis à un contrôle automatique et à un piquage manuel des composants traversants, suivi d’un brasage.
La fiabilité est primordiale : les cartes sont ensuite soumises à des tests de résistance dans une chambre climatique, puis protégées par l’application d’un vernis. « Les cartes sont conçues pour une durée de vie de vingt ans, mais elles sont maintenues sur le marché et utilisées pendant quarante ans », souligne Damien Autran.
Ces cartes alimentent deux types de calculateurs : ceux dédiés à la signalisation, embarqués dans le train ou installés au sol pour garantir le respect des règles de circulation, et ceux de traction, qui assurent le fonctionnement des moteurs. Avant leur mise en service, les systèmes sont testés dans des chambres climatiques simulant des températures extrêmes, allant de –25 °C à +70 °C, pendant 12 à 24 heures, et font l’objet de contrôles qualité rigoureux.
L’atelier réalise également environ 9 000 réparations par an. À proximité, Alstom Villeurbanne dispose d’un laboratoire d’essais environnementaux accrédité Cofrac, permettant de tester les produits en phase de conception, mais aussi de proposer ses services à d’autres acteurs du secteur.
L’histoire du site remonte à 1973, avec l’implantation d’un établissement spécialisé dans l’électronique de traction, le Département Électronique de Traction (DET) de la Compagnie Electro Mécanique (CEM). En 1983, la société Alsthom Atlantique, l’ancêtre d’Alstom, a absorbé la CEM.
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