Publié le 7 octobre 2025 à 01h04. Google et Amazon entament une révolution dans la domotique, abandonnant leurs assistants vocaux traditionnels au profit de modèles d’intelligence artificielle conversationnelle plus performants, mais accessibles par abonnement.
- Amazon et Google ont simultanément dévoilé de nouveaux appareils intégrant des modèles de langage avancés.
- Alexa et l’Assistant Google, dans leurs versions classiques, sont en voie de disparition.
- L’accès aux nouvelles fonctionnalités d’IA sera désormais lié à des abonnements mensuels, entre 10 et 20 dollars (environ 9 à 18 euros).
La course à l’intelligence artificielle dans le domaine de la maison connectée prend un tournant décisif. Amazon et Google, concurrents de longue date, ont annoncé presque simultanément une refonte majeure de leurs assistants vocaux, marquant la fin d’une ère et l’aube d’une nouvelle approche basée sur des modèles de langage plus sophistiqués. Cette coïncidence inhabituelle souligne l’urgence pour les deux géants technologiques de se renouveler et de répondre aux attentes croissantes des consommateurs.
L’évolution ne se limite plus à répondre à des questions simples ou à allumer une lumière sur commande. Amazon et Google misent désormais sur des systèmes capables de tenir des conversations naturelles, de comprendre le contexte et de s’adapter aux habitudes de l’utilisateur. Ces nouveaux assistants, alimentés par l’intelligence artificielle, promettent une expérience plus intuitive et personnalisée.
Ce changement de paradigme s’accompagne d’une modification du modèle économique. Les fonctionnalités d’intelligence artificielle avancée ne seront plus considérées comme un simple complément, mais comme un service premium nécessitant un abonnement mensuel. Amazon propose ainsi l’Echo Dot Max, l’Echo Studio et les nouvelles versions de l’Echo Show, tandis que Google a présenté la caméra Nest, la sonnette Nest, un haut-parleur amélioré et une mise à jour de Google Home. Tous ces appareils serviront de passerelles vers les assistants conversationnels Alexa+ et Gemini pour la maison.
Contrairement à leurs prédécesseurs, ces nouveaux systèmes ne se contentent pas d’exécuter des commandes précises. Ils peuvent interpréter l’intention de l’utilisateur, automatiser des tâches complexes et fournir des réponses contextuelles. Par exemple, ils pourront non seulement détecter un mouvement devant une caméra de surveillance, mais aussi alerter l’utilisateur si un colis a été déposé devant la porte.
L’abonnement, fixé entre 10 et 20 dollars (environ 9 à 18 euros) par mois, transforme le modèle commercial d’Amazon et de Google. Le matériel devient alors un simple point d’entrée vers le service d’intelligence artificielle, et non plus la principale source de revenus. Cette stratégie soulève des questions quant à la volonté des consommateurs de payer un abonnement récurrent pour des fonctionnalités qui étaient auparavant incluses gratuitement.
Cette évolution répond aux coûts élevés liés à l’exploitation des modèles linguistiques, dont l’exécution en temps réel nécessite une infrastructure informatique conséquente. L’abonnement apparaît donc comme une solution viable pour financer le développement continu de ces technologies, même si elle pourrait susciter des réticences de la part des utilisateurs.
Pendant des années, Alexa et l’ Assistant Google ont joué un rôle limité, se concentrant sur des tâches basiques telles que la lecture de musique, la configuration d’alarmes ou la fourniture d’informations météorologiques. L’essor de l’intelligence artificielle conversationnelle en 2022, avec des plateformes comme ChatGPT, a rendu ces fonctionnalités obsolètes. Les consommateurs se sont habitués à une interaction plus riche et plus contextuelle, et les assistants vocaux traditionnels ont commencé à paraître insuffisants.
Alors qu’Amazon et Google progressent vers un modèle d’abonnement pour leurs assistants conversationnels, Apple continue de miser sur un Siri plus limité. L’intégration partielle de ChatGPT dans certains de ses appareils témoigne d’une tentative de modernisation, mais son HomePod ne connaît pas d’évolution significative. Cette approche plus conservatrice renforce l’impression que l’entreprise est à la traîne dans la course à la maison intelligente propulsée par l’intelligence artificielle.
