La déforestation dans l’Amazonie brésilienne a chuté de 41,8 % pour atteindre 3 335 kilomètres carrés entre août 2025 et juillet 2026, selon les données officielles publiées le 16 octobre 2026. Ce recul historique intervient à la veille d’un second tour présidentiel décisif.
Une chute record mesurée par les satellites
Le rythme de la destruction forestière n’a jamais été aussi faible depuis le lancement des observations par satellite en 1988, d’après les chiffres communiqués par le système Prodes de l’Institut national de recherches spatiales. La surface déboisée s’établit désormais à 3 335 kilomètres carrés sur la période de référence allant d’août 2025 à juillet 2026.
Ce nouveau plancher historique surpasse de 1 236 kilomètres carrés le précédent record bas. Parallèlement, le biome voisin du Cerrado a également enregistré sa plus faible destruction de végétation native depuis 2001, avec 5 516 kilomètres carrés partis en fumée ou convertis, soit une baisse de près de 24 % en un an selon les données de l’agence publique.
C’est une chute absolument stratosphérique (…
Joao Paulo Capobianco, ministre de l’Environnement, via France24
Le retour du plan fédéral et des sanctions
Dès son arrivée au pouvoir en janvier 2023 pour un troisième mandat, le président Luiz Inácio Lula da Silva a relancé le Plan d’action pour la prévention et le contrôle de la déforestation en Amazonie légale, mis en veille sous son prédécesseur.
Le dispositif s’appuie sur quatre piliers, incluant le rétablissement des sanctions financières, le blocage des crédits bancaires pour les terres déboisées illégalement et le renforcement des agences de contrôle sur le terrain. Depuis 2022, la chute cumulée atteint 71,2 % en l’espace de quatre ans. Les autorités ont également rappelé le cap fixé : Notre objectif est d’atteindre zéro déforestation illégale d’ici 2030
, ainsi que l’a réaffirmé le chef de l’État dans un message publié sur le réseau social X.

La rupture avec le bilan de Jair Bolsonaro
Ces résultats marquent une rupture nette avec la période 2019-2022. Sous l’administration de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, la déforestation avait bondi de près de 60 % en raison de coupes budgétaires dans la surveillance et d’un assouplissement de la répression contre les exploitations minières et l’orpaillage illégal.
Du côté des États amazoniens, Pará a concentré 33,9 % de la surface déboisée sur un an, suivi par Mato Grosso avec 25,5 % et Amazonas avec 15,7 %. Malgré ces proportions élevées, chacun de ces territoires affiche des reculs supérieurs à 45 % par rapport à l’exercice précédent. Seul le Roraima, bastion politique des Bolsonaro, a vu la situation se dégrader légèrement avec une hausse de 0,4 %.
L’enjeu du scrutin du 25 octobre
Ce bilan environnemental positif constitue un atout politique pour Lula à l’approche du second tour de l’élection présidentielle fixé au 25 octobre. À l’issue du premier tour organisé le 4 octobre, le dirigeant sortant a recueilli 45 % des suffrages, devancé de peu par le sénateur conservateur Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président, qui a obtenu 47 % des voix.
Cristiane Mazzetti, représentant Greenpeace Brésil, a rappelé que les menaces persistent malgré les progrès récents.

Marcio Astrini, secrétaire exécutif de l’Observatoire du climat, a déclaré que le résultat de l’élection déterminera si le pays avance vers la fin de la déforestation ou vers la fin de la forêt.