Deux policiers du poste de quartier 21 du Service de police de la Ville de Montréal ont été suspendus à la fin d’août et au début de septembre 2026.
Des patrouilleurs écartés par le SPVM
Le Service de police de la Ville de Montréal a confirmé avoir écarté deux de ses patrouilleurs à la suite de dénonciations internes. L’affaire vise deux interventions distinctes survenues dans le secteur du centre-ville, du Centre-Sud, du Vieux-Montréal et du Ville-Marie. L’un des agents concernés aurait commis des gestes dégradants en public. Des collègues témoins de la scène ont immédiatement interpellé la direction.
L’enquête interne a été confiée à la Division des normes professionnelles du corps policier. En raison de nos obligations légales en matière de protection des renseignements personnels liés aux dossiers internes des employés et afin de ne pas compromettre le travail des enquêteurs, nous ne pourrons pas donner plus d’informations
, a indiqué le SPVM par voie de communiqué. Quelle que soit la nature de l’enquête menée à l’interne, nous sommes déterminés à aller au fond des choses et à prendre les actions requises
, a ajouté l’organisme.
La Nuit des sans-abri nous rappelle l’importance de la solidarité et que chaque personne a le droit à la dignité. Je salue le travail essentiel des organismes communautaires qui accompagnent chaque jour les Montréalais et qui sont au cœur de notre effort collectif pour face à la…
Des gestes dégradants reprochés aux agents
Le premier agent aurait uriné à plusieurs reprises sur une personne en situation d’itinérance au cours des derniers mois, des gestes dégradants répétés pendant ses heures de travail et parfois captés par la suite, selon les informations obtenues par les médias et confirmées par les autorités. Le second patrouilleur fait l’objet d’une enquête distincte pour avoir réalisé et partagé des images le mettant en scène aux côtés d’un suspect interpellé, placé intentionnellement dans une position humiliante pour s’amuser et le ridiculiser.
Aucun des deux policiers ne fait l’objet d’accusations criminelles formelles pour le moment, le travail des enquêteurs poursuivant son cours.
La classe politique montréalaise réagit
L’opposition officielle à l’hôtel de ville a vivement réagi. Ericka Alneus, cheffe intérimaire de Projet Montréal, a indiqué que l’on devait s’attendre à ce que chaque personne soit traitée avec dignité et respect, particulièrement par celles et ceux qui ont la responsabilité de protéger la population
. Elle a ajouté que porter un uniforme ne place personne au-dessus des règles
et s’est demandée si le règlement contre l’incivilité s’applique aussi aux agents en fonction
.
La Fraternité des policiers et policières de Montréal a condamné totalement et fermement tout atteinte à la dignité de quiconque, ainsi que tout comportement dérogatoire et contraire à ses valeurs et à celles des policiers et policières de Montréal
. Lizette Flores, directrice générale de la Maison du Père, s’est désolée de ces gestes qualifiés de totalement inacceptables
, en déplorant qu’on voie de plus en plus de violences de ce type augmenter
.
Les récents précédents au sein du SPVM
Ce nouveau scandale secoue le corps policier montréalais quelques mois à peine après le démantèlement d’une équipe complète de patrouilleurs au poste de quartier 39 à Montréal-Nord, visée pour des allégations de profilage racial, un dossier transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales le 28 septembre par le chef de police Fady Dagher.